La grande mortalité, 1347-1348

Points de vue

Éditoriaux, prises de position et lectures engagées publiés dans la séquence active.

novembre 1347 - octobre 1348

Opinion

A-t-on le droit de fuir le mal ?

Le mal est à peine entré dans le port que déjà les mieux nantis gagnent les hauteurs, laissant derrière eux voisins et parents. Les mires enseignent qu’il faut fuir vite, fuir loin, et revenir tard ; sauver sa vie, disent-ils, n’est point péché. Je le veux bien. Mais laisser un mourant sans secours et sans confession, c’est manquer à la charité que le Christ nous commande. En ces jours où l’Église honore ses morts, voici ce qu’un homme d’Église croit devoir rappeler.

10 novembre 1347, 08h008 min
Opinion

La calomnie qui tue : les juifs accusés, les massacres, et la voix du pape

Tandis que la grande mortalité monte vers le nord, une rumeur sans visage la précède : on murmure que des mains auraient empoisonné les puits, et l’on désigne les juifs. À Toulon, à La Baume, des innocents en sont déjà morts, égorgés et brûlés sur la foi d’un mensonge. Disons-le sans détour : c’est une calomnie. Et disons aussi que, d’Avignon, le pape Clément l’a condamnée et s’apprête à protéger ceux qu’elle désigne.

20 mai 1348, 08h008 min