Zone libre et Toulon 1942

Entretiens

Des conversations longues avec des acteurs du moment, construites comme des lectures de situation plutôt que comme de simples citations.

La France sous l’Occupation

Entretien

« Nous attendons, la main sur les vannes » — entretien avec un officier de l’arsenal

Depuis le 11 novembre, la Wehrmacht occupe l’ancienne zone libre. Toulon seule demeure, par accord provisoire, une enclave « neutre » où la marine garde ses navires et ses établissements. Un officier-marinier de l’arsenal, qui requiert l’anonymat, a accepté de nous décrire ce huis clos d’attente, de discipline et de consignes — sans rien savoir, dit-il, de ce que demain réserve.

18 novembre 194213 min
Entretien

« J’ai ouvert les vannes de mon propre bateau » — un marin rescapé raconte la nuit du sabordage

Il n’est ni officier ni chef : un homme du rang, un quartier-maître qui a reçu l’ordre, gagné son poste de sabordage et regardé sombrer son navire. Il a passé la nuit à bord, puis dans l’eau et le mazout de la rade. Quelques heures après l’évacuation, il raconte ce petit matin à sa hauteur — l’irruption des blindés, l’attente, les vannes qu’on ouvre, le froid, et cette idée simple qui tenait tout : que ces coques ne seraient « à personne d’autre que nous ».