Un député libéral, à l’heure où l’armée part au nord : “On nous a promis des libertés ; on nous demande d’abord une guerre”
L’Empereur a quitté Paris voici trois jours pour rejoindre l’armée ; la Chambre des représentants, à peine réunie, siège dans une capitale suspendue. Un député rangé parmi les libéraux — élu de printemps, partisan de l’Acte additionnel qu’il juge pourtant trop timide — accepte de nous parler. Il dit soutenir la défense du sol, redouter une guerre longue, et refuser que le canon serve d’excuse à retarder les libertés qu’on vient de jurer. Un long entretien qui restitue la voix d’une opposition loyale, au matin d’une campagne dont nul, ici, ne connaît encore le premier engagement.