Vichy, juillet 1940

Entretiens

Des conversations longues avec des acteurs du moment, construites comme des lectures de situation plutôt que comme de simples citations.

9-10 juillet 1940

Entretien

Entretien | « Je ne signerai pas ce blanc-seing » : un parlementaire dira non demain

La Chambre et le Sénat viennent d’admettre, ce mardi, qu’il y a lieu de réviser les lois constitutionnelles. Un parlementaire nous annonce pourtant qu’il votera contre le projet du gouvernement. Non contre le maréchal Pétain, dit-il, mais contre un procédé : un mandat sans terme ni contour, remis au gouvernement plutôt qu’à l’homme, quand les textes de MM. Badie et Taurines offraient, selon lui, une autre voie. Fidélité aux lois de 1875, refus d’un pouvoir qu’on abandonne à l’aveugle : un long entretien recueilli le soir du 9 juillet, à la veille de la séance.

9 juillet 1940, 21h0016 min
Entretien

Entretien | « On nous a promis des garanties » : un parlementaire raconte la veille du vote

Au lendemain du vote qui a confié les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain, un parlementaire qui hésitait encore l’avant-veille accepte de revenir, à voix nue, sur ces journées de Vichy. Les démarches de M. Laval, la lettre du Maréchal lue dans la matinée du 10, le ralliement de M. Flandin, les contre-projets repoussés, et ce doute qui ne le quittait pas dans les couloirs du Grand Casino : fallait-il un exécutif fort, ou refusait-on de signer un blanc-seing ? Un long entretien sur l’indécision d’un homme de juillet.

12 juillet 1940, 07h0017 min
Entretien

Dans la salle du Grand Casino : un témoin de la séance

Il a passé la journée d’hier dans l’enceinte du Grand Casino, transformée en chambre du Parlement réuni. Réunion préparatoire du matin, lecture par M. Laval de la lettre du Maréchal, ralliement de M. Flandin, incident autour de M. Badie empêché de gagner la tribune, puis le scrutin et l’annonce du résultat : il raconte ce qu’il a vu et entendu, sans rien farder de la confusion qui régnait. Un long entretien recueilli à chaud, dans la chaleur de juillet et la gravité du désastre.