Vél d’Hiv, juillet 1942

Entretiens

Des conversations longues avec des acteurs du moment, construites comme des lectures de situation plutôt que comme de simples citations.

16 juillet – 23 août 1942

Entretien

« J’ai conduit, je n’ai pas su où » — un machiniste de la S.T.C.R.P.

Au petit matin du 16 juillet, son autobus vert et crème a été réquisitionné avec lui au dépôt. Machiniste sur le réseau parisien, ancien wattman de tramway, il a passé la journée à conduire là où la police l’envoyait, sans qu’on lui dise qui montait ni vers quoi. Il raconte, gêné, une course dont il n’a compris ni le début ni la fin. Propos recueillis à chaud, figure composite reconstituée.

16 juillet 1942, 21h3010 min
Entretien

« Je suis là, terré, et je ne sais pas où sont les miens » — la parole d’un Juif de l’est parisien

Ouvrier de la confection, immigré juif installé de longue date dans l’est de Paris, M. H. a échappé aux arrestations du 16 juillet. Il vit caché depuis. Il raconte l’étoile, les interdits, l’alerte qu’on s’est passée sous le manteau, la nuit où il a fui — et cette question qui ne le lâche pas : où sont sa femme, ses enfants, ses voisins. Propos recueillis la nuit, sans nom ni adresse, à sa demande.

20 juillet 1942, 09h0010 min