L'édit de Nantes, 1598

Entretiens

Des conversations longues avec des acteurs du moment, construites comme des lectures de situation plutôt que comme de simples citations.

28 avril – 2 mai 1598

Entretien

« J’ai rendu mon épée au roi, non ma parole à mes ennemis »

À Nantes, où le roi tient sa cour depuis le 12 avril, le duc de Mercœur — dernier des grands chefs de la Ligue à avoir rendu les armes, gouverneur de Bretagne seize ans durant, cousin des Guise, longtemps appuyé par l’Espagne — a accordé un long entretien à notre rédaction, le premier depuis sa soumission en personne à Briollay le mois dernier. Il parle en homme qui a traité, non qu’on a réduit : dans quel esprit il a ployé le genou, ce qu’il abandonne et ce qu’il garde, ce qu’il attend d’un roi auquel il vient de jurer fidélité — sans rien renier de ce qu’il fut.

28 avril 159813 min
Entretien

« Nous restons à Saumur pour veiller à l’exécution »

Le second brevet, daté du 30 avril, permet à dix députés de l’assemblée de Châtellerault de se tenir ensemble à Saumur, pour poursuivre l’exécution de l’édit jusqu’à ce qu’il soit vérifié au parlement de Paris. L’un de ces députés, gentilhomme du Poitou, a bien voulu nous dire dans quel esprit ceux de la religion reçoivent ce texte : soulagés d’en tenir enfin un, mais résolus à ne point désarmer avant qu’il ne soit enregistré et mis à effet.

2 mai 159814 min
Entretien

« Ce texte, il faudra le vérifier avant de l’enregistrer »

L’édit signé à Nantes le mois dernier concède aux réformés un culte encadré, des chambres de justice mêlées et des places tenues à leurs frais. Beaucoup de magistrats catholiques n’en veulent point. L’un d’eux, conseiller à la cour, a bien voulu nous dire pourquoi cet édit heurte sa conscience et l’ordre du royaume — et pourquoi il tient que rien n’est fait tant que la cour ne l’a pas vérifié et enregistré.

2 mai 159813 min