Brumaire 1799

Entretiens

Des conversations longues avec des acteurs du moment, construites comme des lectures de situation plutôt que comme de simples citations.

Brumaire an VIII (novembre 1799)

Entretien

Joseph Fouché, ministre de la Police : “Mon métier, aujourd’hui, est de veiller à ce qu’il ne se passe rien”

L’homme qui tient Paris dans sa main reçoit peu et parle moins. Ministre de la Police générale, Joseph Fouché observe la journée avec le détachement d’un joueur qui n’a pas encore montré sa carte. Un long entretien glaçant de lucidité, où l’on comprend qu’une révolution peut tenir, ce jour-là, moins aux discours des assemblées qu’au calme savamment entretenu des rues.

18 brumaire an VIII, après-midi15 min
Entretien

Le général Jourdan, député : “On invoque un complot sans preuve pour livrer la représentation nationale au sabre”

Tandis que les Anciens décrètent le transfert des Conseils à Saint-Cloud et qu’un commandement des troupes de Paris est remis à Bonaparte, une voix s’élève contre la manœuvre. Général vainqueur de Fleurus devenu député de la Haute-Vienne, figure du club du Manège, Jean-Baptiste Jourdan y voit un guet-apens tendu à la représentation nationale sous le masque de la loi. Il dénonce un péril jacobin invoqué sans preuve, un article 102 de la Constitution détourné de son objet, et le spectre d’un pouvoir de sabre. Un long entretien, au soir du 18 brumaire, avec l’un des rares à nommer tout haut ce que d’autres taisent.

18 brumaire an VIII, soir15 min
Entretien

Paul Barras, directeur : « Je suis ici depuis quatre ans, et j’y suis encore »

Seul des cinq directeurs fondateurs encore en place, quatre ans après l’établissement du régime, Paul Barras reçoit dans les ors du Luxembourg avec l’aisance d’un homme qui a vu passer tous les orages. Il balaie d’un revers de main les rumeurs de complot et les bruits de révision qui courent les salons. Il parle de Sieyès avec dédain, de Bonaparte avec la familiarité du protecteur, de sa propre réputation avec une hauteur souveraine. Un long entretien où affleure pourtant, sous l’assurance, la solitude d’un directeur que ses collègues ne lui doivent plus rien.