Crécy et Calais, 1346-1347

Points de vue

Éditoriaux, prises de position et lectures engagées publiés dans la séquence active.

26 août 1346 - 4 août 1347

Opinion

Ils brûlent le pain des pauvres à la veille de la moisson

Le roi d’Angleterre a pris terre en Cotentin, et déjà nos bourgs flambent : Saint-Vaast, Barfleur, le val de Saire ; on dit l’ost en marche vers Valognes et les terres du dedans. Je suis clerc, je n’ai que ma plume et mes prières ; mais je ne puis me taire quand on égorge le petit peuple et qu’on livre au feu les blés qui devaient nourrir tout l’hiver. Ce malheur n’est point le nôtre : c’est la querelle des grands qui retombe sur ceux qui n’y peuvent rien.

16 juillet 1346, 08h008 min
Opinion

Après Crécy et le camp de Sangatte, on murmure sur la conduite des affaires du royaume

L’ost du roi a paru devant Calais, puis s’est retiré sans donner bataille, et la place est tombée. En moins d’une année, on a levé le ban et l’arrière-ban sans que la guerre tourne, tandis que pèsent les aides, la gabelle du sel et une monnaie qu’on dit affaiblie. Par les tavernes, les cloîtres et jusque dans les assemblées des bonnes villes, on s’interroge sur l’argent qu’engloutit cette guerre et l’on se demande tout bas si le roi est bien servi.