Vol de l’Aigle 1815

Entretiens

Des conversations longues avec des acteurs du moment, construites comme des lectures de situation plutôt que comme de simples citations.

Mars 1815

Entretien

Entretien | Un officier de la garnison d’Antibes : « On les a laissés entrer au nom de Buonaparte, puis on a relevé le pont-levis : ils sont à nous, et la place est au Roi »

Il sert dans la garnison de la place forte d’Antibes, restée fidèle à Louis XVIII lorsque l’usurpateur a paru ce mercredi sur nos côtes. Officier de l’enceinte, il était sous les murs quand un détachement de grenadiers de l’île d’Elbe, poussé en avant-garde par le proscrit, s’est présenté aux portes en réclamant l’entrée au nom de « Buonaparte ». On les a laissés franchir la barrière ; puis, les pourparlers finis, le pont-levis de l’ouvrage avancé s’est relevé et la troupe entière est demeurée prisonnière au creux de la place. Il raconte l’alerte d’un débarquement en plein hiver sur une côte qu’on croyait tranquille, l’audace d’une poignée d’hommes, le sang-froid de la garnison, les épées qu’on a laissées aux officiers arrêtés, et l’usurpateur qui, ce soir, tourne le dos à nos murs et file vers l’ouest, on ne sait au juste vers quoi.