Juin 1940

Entretiens

Des conversations longues avec des acteurs du moment, construites comme des lectures de situation plutôt que comme de simples citations.

Mai-juin 1940

Entretien

Un officier français, en repli : “On nous demande de poser les armes, et chacun cherche où est le devoir”

Après l’annonce du maréchal Pétain, un capitaine d’active, rencontré au cantonnement de ses hommes au sud de la Loire, dit le déchirement d’une armée vaincue mais non détruite. Faut-il obéir et cesser le combat, ou gagner l’Afrique du Nord avec ce qui reste ? Un long entretien sur la discipline, l’honneur et la flotte, recueilli au moment exact où la France hésite entre deux fidélités.

18 juin 1940, 09h0015 min
Entretien

Un proche du général de Gaulle, à Londres : “Un appel ne suffit pas, mais il empêche le silence de gagner”

Au lendemain de la parole lancée sur les ondes britanniques, un des rares Français de Londres reçoit notre correspondante dans un bureau de fortune. Il refuse de transformer ce refus naissant en victoire imaginaire : il faudra des hommes, des navires, l’Empire, du temps, et rien n’est acquis. Un long entretien sur ce que peut et ne peut pas, ce mois de juin, une voix sans armée.

19 juin 1940, 10h4015 min
Entretien

Sur les routes de l’exode : “On ne sait plus si l’on fuit une armée ou une rumeur”

Partie de la région parisienne avec deux enfants et une valise, une institutrice raconte la grande descente vers le sud : les départs sans adieu, les routes mitraillées, les nouvelles qui se contredisent d’une voiture à l’autre. Un long témoignage de cette France déplacée qui apprend la guerre entre deux bornes kilométriques, et pour qui les décisions de Bordeaux et de Londres arrivent toujours en retard.

18 juin 1940, 14h2514 min
Entretien

Un commerçant resté dans Paris : « La ville a changé de maître sans qu’un coup de feu soit tiré »

Resté dans une capitale vidée des deux tiers de ses habitants, un petit commerçant du 14ᵉ arrondissement raconte les trois jours où Paris a changé de maître sans combattre : l’État parti, les volets clos, les avant-gardes entrées à l’aube du 14, les voitures à haut-parleurs ordonnant de rester chez soi, le couvre-feu, les horloges avancées d’une heure. Un long témoignage d’une ville livrée — amertume, dignité, sidération.