Les meurtres de Blois, 1588

Entretiens

Des conversations longues avec des acteurs du moment, construites comme des lectures de situation plutôt que comme de simples citations.

23-26 décembre 1588

Entretien

« Le roi n’a pas tué un sujet, il a châtié un maître » — un gentilhomme de la chambre défend le geste de Blois

Au lendemain de la mort du duc de Guise, recueilli le 25 décembre dans le château encore fermé, un gentilhomme du parti royal, proche de la chambre du roi, plaide la cause de la couronne. Il ne parle pas de meurtre : il parle d’un roi longtemps humilié qui, débordé par des États devenus insolents, a repris la main sur un vassal qu’il tenait pour un maître dans le royaume. Il croit son maître rétabli dans son autorité. Aujourd’hier rapporte sa version sans la faire sienne.

25 décembre 158812 min
Entretien

« On nous a frappés en pleine trêve de Dieu » — un député des États dit la stupeur de l'assemblée

Réuni depuis octobre au château de Blois, où le tiers état et le clergé sont en grande part acquis à la cause catholique, un député du tiers a vu, hier matin, l'assemblée apprendre coup sur coup la mort du duc de Guise et l'arrestation des siens. Il dit la sidération, le sentiment de trahison, et la peur qui court aujourd'hui dans les rangs ligueurs. Aujourd'hui l'écoute sans épouser ses propos.

24 décembre 158812 min
Entretien

« On a versé le sang d’un prince de l’Église » — un homme d’Église devant le corps du cardinal

La mort du cardinal de Guise, mis à mort en sa geôle le lendemain de son frère, trouble les consciences ecclésiastiques de Blois. Un clerc de la cour, partagé entre sa fidélité au roi et l’effroi devant le sang d’un cardinal, a accepté de nous parler — de ce que l’Église tient pour un sacrilège, de la question du for qui se pose, et de ce qu’il n’ose encore imaginer des suites avec Rome.