Michel de L’Hospital, chancelier de France, artisan de l’édit de janvier — personne historique réelle et nommée
« Il n’est pas ici question de constituer la religion, mais la République » : le chancelier de L’Hospital défend son édit
Au lendemain du jour où l’édit de janvier a été porté au parlement de Paris, qui rechigne à l’enregistrer, le chancelier Michel de L’Hospital nous a reçus. Il défend, avec la mesure du magistrat, une paix civile qui sépare l’obéissance au roi de l’unité de la foi : ce n’est pas, dit-il, reconnaître la religion nouvelle, c’est régler la paix du royaume en attendant le concile.
Monseigneur, disons-le d’abord nettement : cet édit permet-il aux réformés de tenir leur religion ? Le royaume aurait-il désormais deux Églises ?Prenez garde de ne pas dire plus que l’édit ne dit. Il ne consacre point la religion nouvelle, il ne la reçoit ni ne l’approuve ; le roi demeure catholique et le royaume avec lui. Ce que l’édit règle, ce n’est pas la foi, c’est la paix. Il permet à ceux de la religion prétendue réformée de s’assembler pour prier, hors l’enceinte des villes closes, de jour, sans armes ; et, au-dedans des murs, dans leurs maisons, en particulier. Voilà ce qui leur est accordé : une liberté de conscience et une manière de s’assembler qui soit tenue et gardée, non une Église seconde dressée en face de l’ancienne. Il ne s’agit pas ici de constituer la religion, mais de constituer la République ; c’est chose bien différente, et tout le mécompte vient de ce qu’on les confond.
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