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La journée du 20 mars à Paris

Nous tenons ce fil au rythme des nouvelles qui parviennent dans la capitale. Rien n’est encore arrêté : ce que demain réserve, nul ne le sait à l’heure où nous écrivons.

Les Tuileries au petit jour : le Roi est parti

Au lever du jour, on apprend que Sa Majesté Louis XVIII a quitté le château dans la nuit, avec sa maison, prenant la route du nord. Les appartements sont déserts ; les grilles gardées par quelques hommes encore en cocarde blanche. La nouvelle, d’abord chuchotée, gagne de proche en proche les quartiers voisins.

Un départ dans la nuit du 19 au 20

On rapporte que le Roi a quitté les Tuileries vers le milieu de la nuit, sans éclat, dans plusieurs voitures, gagnant la route du nord, vers Beauvais et la frontière. Les circonstances exactes de ce départ demeurent confuses : on parle de minuit, d’autres d’une heure plus avancée.

Un vide au sommet de l’État

La capitale s’éveille sans gouvernement visible. Les ordonnances dernières du pouvoir royal, affichées la veille, paraissent déjà sans force. Dans les bureaux des ministères, on attend des ordres qui ne viennent pas ; chacun s’interroge sur l’autorité à laquelle il devra obéir avant ce soir.

Paris partagé entre l’attente et l’inquiétude

Aux carrefours, des groupes se forment. Les uns affichent une joie ouverte et ressortent des cocardes tricolores tenues cachées ; d’autres, marchands, gens d’ordre, familles attachées à la cour, montrent une vive appréhension. L’accueil que la ville réserve à l’événement est, de toute évidence, fort inégal.

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Analyse

L’Aigle rentre seul : à Vienne, l’impératrice et le roi de Rome

Ce soir où l’Empereur est porté aux Tuileries, deux places restent vides à ses côtés : celle de l’impératrice Marie-Louise et celle de leur fils, le roi de Rome, qui a quatre ans depuis ce jour. La mère et l’enfant demeurent à Vienne, au château de Schönbrunn, sous la garde de l’empereur d’Autriche, grand-père du petit prince. Un trône qui s’était voulu héréditaire se relève sans son héritier.

20 mars 1815, 18h00 8 min

De Cannes à Paris sans coup férir

Dix-neuf jours, du golfe Juan aux Tuileries : le bilan d’une remontée.

Infographie

D’Elbe aux Tuileries : l’itinéraire du retour

Repères de rédaction pour suivre la remontée, étape par étape, depuis le débarquement au golfe Juan jusqu’aux portes de Paris. Les dates établies sont distinguées de celles qui nous parviennent encore incertaines.

Durée une vingtaine de jours

Du débarquement au golfe Juan le 1er mars à l’entrée dans Paris le 20 mars 1815.

Au départ environ un millier d’hommes

La petite troupe embarquée à Portoferraio : grenadiers de la garde, chevau-légers polonais et quelques pièces, débarqués au golfe Juan.

Villes ralliées Grenoble, Lyon…

Après Laffrey, les places et les troupes envoyées pour l’arrêter passent l’une après l’autre sous l’aigle, sans combat rapporté.

Étapes encore incertaines Lyon, le Jura

Les dates exactes de l’entrée à Lyon (9-10 mars) et du ralliement des troupes de Ney (13-15 mars) nous parviennent contradictoires.

Confirmé

Départ de Portoferraio

La petite flottille quitte l’île d’Elbe et fait voile vers la côte de Provence.

Confirmé

Débarquement au golfe Juan

La troupe prend pied entre Cannes et Antibes ; elle évite Antibes et s’engage par la montagne.

Confirmé

Grasse, Castellane, Digne, Sisteron, Gap

La colonne remonte par les Alpes, évitant la vallée du Rhône réputée hostile.

Confirmé

Laffrey

Face aux troupes royales envoyées l’arrêter, sur la route de Grenoble.

Confirmé

Grenoble

Les portes de la ville s’ouvrent dans la nuit.

Incertain

Lyon

Entrée dans la deuxième ville du royaume ; la date précise nous parvient encore incertaine.

Incertain

Lons-le-Saunier

Les troupes rassemblées dans le Jura sous le maréchal Ney basculent ; le moment exact reste à confirmer.

Confirmé

Auxerre

Dernier grand séjour avant Paris, sur l’Yonne.

Confirmé

Fontainebleau

Passage au château aux portes de la capitale, dans la journée.

Confirmé

Palais des Tuileries

Napoléon est porté aux Tuileries dans la soirée.