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Le Grand Casino de Vichy, vaste édifice thermal Belle Époque, vu depuis le parc — lieu des séances parlementaires de juillet 1940.

Vichy : les deux Chambres votent le principe de la révision

Le Grand Casino de Vichy, photochromie de la Photochrom Print Collection (vers 1890-1900), Library of Congress — domaine public (Wikimedia Commons).

Réunis séparément, la Chambre des députés et le Sénat ont reconnu, ce mardi, qu’il y avait lieu de réviser les lois constitutionnelles. Demain, en Assemblée nationale, le Parlement se prononcera sur le texte que défend M. Pierre Laval au nom du maréchal Pétain.

La rédaction parlementaire des Échos du Passé 9 juillet 1940, 20h00 6 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Un parlementaire décidé à voter contre le projet du gouvernement (figure composite — sensibilité radicale légaliste, dans la veine des cosignataires de la motion Badie, ou socialiste attaché aux libertés ; aucune personne réelle nommée)

Entretien | « Je ne signerai pas ce blanc-seing » : un parlementaire dira non demain

La Chambre et le Sénat viennent d’admettre, ce mardi, qu’il y a lieu de réviser les lois constitutionnelles. Un parlementaire nous annonce pourtant qu’il votera contre le projet du gouvernement. Non contre le maréchal Pétain, dit-il, mais contre un procédé : un mandat sans terme ni contour, remis au gouvernement plutôt qu’à l’homme, quand les textes de MM. Badie et Taurines offraient, selon lui, une autre voie. Fidélité aux lois de 1875, refus d’un pouvoir qu’on abandonne à l’aveugle : un long entretien recueilli le soir du 9 juillet, à la veille de la séance.

La Chambre et le Sénat viennent d’admettre le principe de la révision à des majorités écrasantes — 395 voix contre 3, 229 contre une seule. Pourquoi, dans ces conditions, voter non demain ?

Parce qu’on ne m’a pas encore demandé ce qu’on va me demander demain. Ce que la Chambre et le Sénat ont admis ce mardi, c’est qu’il y a lieu de réviser les lois de 1875. Cela, je puis le concéder : nul ne prétend que nos institutions soient sorties grandies de cette guerre. Mais reconnaître qu’il faut réviser ne dit rien de la manière, ni de la main à qui l’on remettra l’ouvrage. Demain, on ne me demandera plus si je veux réviser ; on me demandera de remettre au gouvernement le soin de refaire la loi fondamentale, seul, sans terme fixé, sans que nous sachions ce qu’il en fera. Ce sont deux questions différentes. J’ai pu dire oui à la première ; je dirai non à la seconde. Ces grandes majorités d’aujourd’hui ne m’engagent pas pour demain, et je crains qu’on ne s’en serve pour laisser croire que tout est déjà consenti.

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