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La sphère polie de Spoutnik 1 avec ses quatre antennes filiformes, photographiée lors de l’assemblage final à l’automne 1957.

Une lune fabriquée par l’homme tourne au-dessus de nos têtes : les Soviets lancent le premier satellite artificiel du monde

NSSDC/NASA, « Spoutnik 1 en cours d’assemblage » (automne 1957) — domaine public (Wikimedia Commons).

Radio Moscou et l’agence Tass l’ont annoncé hier soir : l’Union soviétique a placé sur orbite une sphère de métal qui fait le tour de la Terre en une heure et demie. Un fait accompli, jeté à la face du monde, que l’Occident ne peut, pour l’heure, que constater — et écouter.

La rédaction 5 octobre 1957, 08h00 7 min
En direct Direct ouvert — nuit du 4 au 5 octobre 1957 (TU)

En direct — la nuit où le ciel est devenu soviétique

Suivi de la soirée et de la nuit du 4 au 5 octobre 1957 (heures en temps universel), de la captation du signal aux premières réactions occidentales.

Quelque part, dans la soirée, un objet aurait quitté la Terre

Nous l’apprendrons plus tard : c’est dans cette tranche d’heure, ce soir, qu’un engin aurait été placé sur son orbite. Mais à l’instant où ces lignes s’écrivent, l’Occident n’en sait encore rien — aucun observatoire n’a vu partir quoi que ce soit, et nul communiqué n’est tombé.

Radio Moscou et Tass annoncent le premier satellite artificiel

L’agence Tass et Radio Moscou proclament que l’Union soviétique a lancé avec succès le premier satellite artificiel de la Terre. Le communiqué donne des chiffres : une masse de 83,6 kilogrammes, et un émetteur travaillant sur deux fréquences, 20,005 et 40,002 mégahertz.

Dans les rédactions, on relit la dépêche deux fois

Le ton du communiqué de Moscou est triomphal ; le nôtre, d’abord, est dubitatif. Une telle annonce se vérifie. Faute de pouvoir voir l’objet, chacun se tourne vers la seule preuve possible à cette heure : les deux fréquences livrées par les Soviétiques eux-mêmes.

Le « bip-bip » est capté : l'objet existe bel et bien

Des stations d’écoute braquent leurs antennes sur 20,005 mégahertz — et le signal est au rendez-vous. Une suite d’impulsions brèves et régulières, « bip… bip… bip… », monte des récepteurs ondes courtes. L’objet ne dépend plus du communiqué : il se signale lui-même, depuis le ciel.

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Reconstitué depuis le sol

La trajectoire de Spoutnik 1, recalculée depuis la Terre

Moscou n’a livré ni plan ni éphéméride : l’orbite que voici a été reconstituée par les observatoires et les radioamateurs d’Occident, à partir des heures d’apparition et d’extinction du signal capté à chaque passage.

Période ≈ 96 min

Le satellite boucle le tour de la Terre en un peu plus d’une heure et demie.

Périgée ≈ 227 km

Point le plus bas de l’orbite, estimé par recoupement des passages.

Apogée ≈ 945 km

Point le plus haut : l’orbite n’est pas un cercle parfait, mais une ellipse.

Inclinaison ≈ 65°

L’angle de l’orbite sur l’équateur fait passer l’engin au-dessus de l’essentiel des terres habitées.

Masse annoncée 83,6 kg

Chiffre donné par le communiqué soviétique, invérifiable de l’extérieur.

Fréquences 20,005 / 40,002 MHz

Les deux longueurs d’onde annoncées, sur lesquelles le « bip-bip » est capté dans le monde entier.

Éléments orbitaux établis par l’observation occidentale, et non communiqués par Moscou.

La durée de vie de l’émetteur, comme le but réel de l’engin, demeurent inconnus à cette date.

Le « bip-bip » qui fait le tour du monde

Le satellite ne se voit pas à l’œil nu : c’est son signal radio, capté sur tous les continents, qui atteste son existence. Reportage et témoignage de ceux qui l’ont entendu passer.

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