Une marchande du quartier des Halles, veuve d'un artisan, mère de trois enfants, qui revendait au petit détail avant le siège.
« Nous avons vendu jusqu'aux volets » — une marchande de Paris
Elle tenait un petit étal près des Halles ; elle n'a plus rien à vendre et trois enfants à nourrir. Nous l'avons écoutée dire la faim au jour le jour, le prix du pain, ce qu'on mange quand il n'y a plus de pain, et la peur qui la tient entre les deux camps. Une voix ordinaire, ni du roi ni de la Ligue.
Comment viviez-vous avant que la ville soit enfermée ?Petitement, mais on vivait. Mon mari faisait son état, moi je revendais aux Halles ce que je trouvais, un peu de beurre, des œufs, du fil, quelques herbes du plat pays. On ne manquait de rien de ce qu'il faut, on payait notre pain, on couchait au chaud. Depuis qu'il est mort, c'était plus dur, mais je tenais mon étal et mes enfants mangeaient. Aujourd'hui je n'ai plus d'étal, parce qu'il n'y a plus rien à mettre dessus. Le paysan n'entre plus, les portes sont fermées, et ce qui entrait avant n'entre plus.
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