Un ambassadeur étranger accrédité auprès de la cour de France, en poste à Paris depuis plusieurs années (nom et souverain tus à sa demande)
« On m’écrit d’étranges dépêches » — un diplomate en poste à Paris
Un ambassadeur étranger, en poste au bord de la Seine, reçoit chaque jour des courriers de province qui contredisent la parole du Louvre. Il a accepté de nous dire ce qu’il croit savoir, ce qu’il ne peut vérifier, et ce qu’il n’ose encore écrire à sa cour.
Vous logez à quelques rues du Louvre. Qu’avez-vous vu, de vos propres yeux, dans ces journées ?Peu, et c’est ce que je puis affirmer de plus honnête. J’ai vu, au matin du 24, ma rue barrée par des hommes en armes qui n’étaient pas tous des soldats, et j’ai entendu le tocsin partir de Saint-Germain-l’Auxerrois avant que le jour ne fût levé. J’ai vu des corps qu’on traînait vers la rivière. Le reste, je le tiens de mes gens, de marchands, de deux de mes valets qui sont sortis quand moi je n’ai pu. Un ambassadeur qui prétendrait avoir tout vu mentirait à son prince. Ma maison, comme les autres logis des étrangers, s’est fermée et gardée.
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