Un bourgeois enrôlé dans la milice de son quartier (témoin composite)
« La cloche a sonné, et la rue a changé » — un bourgeois de la milice parisienne
Nous avons recueilli le récit d’un homme de la milice bourgeoise, d’une paroisse touchée par les tueries. Il parle par bribes, se reprend, cherche ses mots. Nous rapportons sa version sans la faire nôtre : ce qu’il décrit, des voisins l’ont subi.
Commençons par le simple. Où étiez-vous quand tout a commencé, dans la nuit du 23 au 24 ?Chez moi, avec les miens. On dormait mal depuis l’attentat contre l’amiral, le vendredi. Toute la ville en parlait, il y avait des attroupements, des cris. Cette nuit-là, j’ai entendu remuer dans la rue, des pas, des ordres qu’on se passait de porte en porte. Puis les cloches. On m’a frappé au volet et on m’a dit de prendre les armes et de me tenir prêt, que c’était commandé.
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