À la une
Jeanne d’Arc enchaînée, agenouillée devant ses juges ecclésiastiques dans la salle du tribunal

Au cimetière de Saint-Ouen, la Pucelle abjure devant le bûcher dressé

Luc-Olivier Merson, « Jeanne devant le tribunal » (vers 1904), plume, lavis et gouache — domaine public (Wikimedia Commons).

Ce jeudi 24 mai, sur une estrade élevée dans le cimetière de l’abbaye de Saint-Ouen, face au bûcher déjà dressé, celle que l’on nomme la Pucelle a, au terme d’un sermon public et après avoir vu lire sa sentence, apposé une marque au bas d’une formule d’abjuration. Elle renonce à l’habit d’homme et se soumet à l’Église. Le tribunal la condamne à la prison perpétuelle. Dès le soir, la ville s’interroge sur ce qu’elle a au juste signé, et sur ce qu’elle a compris.

La rédaction de Rouen 24 mai 1431, 16h00 5 min
Analyse

Le roi de Reims se tait : depuis bientôt un an, nul secours n’est venu pour la Pucelle

Elle l’a mené au sacre de Reims ; lui n’a rien fait paraître pour elle. Voilà bientôt un an que la Pucelle a été prise à Compiègne, vendue aux Anglais pour dix mille livres — une rançon de prince — et amenée à Rouen. De la cour de Charles de Valois, on n’a vu venir ni offre de rachat, ni démarche, ni parole publique. Ce silence, tandis que le procès presse l’accusée de se soumettre, interroge : embarras, impuissance, calcul, ou captive que l’Église réclame et que nul prince ne peut plus racheter ?