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Gravure d’époque : César, debout dans une barque secouée par la tempête, tend la main vers le nocher effrayé, lors de sa traversée nocturne de l’Adriatique pendant le blocus de Dyrrachium.

Devant Dyrrachium : César tente d’enfermer Pompée

Willem Basse, « De nachttocht van Caesar » (La traversée nocturne de César), eau-forte et burin, 1632-1634, Rijksmuseum — domaine public, CC0 (Wikimedia Commons).

Ses forces enfin réunies, le proconsul enserre l’armée de Pompée dans un réseau de retranchements, contre la côte, près de Dyrrachium. Mais l’adversaire, adossé à la mer et nourri par sa flotte, tient bon : nul ne sait si les lignes le contraindront ou si l’usure jouera contre l’assiégeant.

La rédaction 5 Junius 48 av. J.-C. 6 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

La carte

De l’Adriatique à la Thessalie : la campagne de César

Depuis Brundisium, César a jeté ses légions par-dessus l’Adriatique en plein hiver, malgré une flotte pompéienne maîtresse de la mer, et pris pied sur la côte d’Épire. Marc Antoine, retenu de longs mois à Brundisium par cette même flotte, a fini par forcer le passage avec le reste des troupes ; la jonction s’est faite vers Lissus, au nord. De là, la guerre s’est portée devant Dyrrachium, en lignes et en retranchements, avant que César, après un revers sérieux, ne décroche vers l’intérieur des terres. Aujourd’hui les deux armées gagnent la Thessalie. Voici, d’ouest en est, la route parcourue telle qu’on peut la situer — non ce qui pourrait s’y jouer.

La traversée de l’Adriatique Brundisium → Épire

César a fait passer ses premières légions d’Italie sur la côte d’Épire en profitant d’une nuit d’hiver. La flotte pompéienne tient la mer : les convois suivants ont dû attendre. Marc Antoine, longtemps bloqué à Brundisium, a fini par forcer le passage avec le reste des troupes ; la jonction s’est faite vers Lissus.

Les lignes de Dyrrachium Retranchements face à la mer

Devant Dyrrachium, César a tenté d’enfermer le camp de Pompée dans un long système de circonvallation. La place reste ravitaillée par mer, que Pompée maîtrise ; le camp césarien, lui, souffre de la disette. Guerre de lignes plus que de bataille rangée.

Le revers et le décrochage Vers l’intérieur des terres

Pompée a percé les lignes et infligé à César un revers sérieux. César a levé le siège et rompu le contact vers l’intérieur, se ravitaillant du côté d’Apollonie et de la Thessalie. On ignorait alors si Pompée pousserait l’avantage.

Le rassemblement en Thessalie Deux armées dans la plaine

César a gagné la Thessalie ; Pompée l’y suit, grossi des contingents de Metellus Scipion venus d’Orient. Les deux armées romaines se retrouvent dans la même plaine — sans que l’on sache encore si Pompée acceptera d’en découdre ou continuera de temporiser.

Distances et latence Ordres de grandeur

De la côte d’Épire à la plaine thessalienne, plusieurs journées de marche à travers monts et défilés ; de là à Rome, plusieurs semaines pour une dépêche. Ce que nous rapportons du théâtre parvient à la Ville avec ce retard-là.

Cette carte ne figure que la route déjà parcourue — traversée, lignes de Dyrrachium, décrochage, marche vers la Thessalie. Elle ne porte aucun repère de rencontre à venir : à la date de cette page, rien de tel n’est arrivé ni annoncé.

Le lieu où les armées pourraient se trouver en Thessalie reste imprécis. Les récits situent plus tard l’affrontement « près de Pharsale », mais le site exact est discuté : rive nord ou rive sud de l’Énipeus, et un Palaepharsalus (l’« ancienne Pharsale ») distinct de la Pharsale des cartes modernes.

Les distances sont données en ordres de grandeur — journées de marche, non mesure au mille près —, d’après les étapes connues entre la côte adriatique et la Thessalie.

La chronologie relève du calendrier romain pré-julien, en avance sur les saisons ; la correspondance avec le comput actuel est débattue et ne modifie pas le tracé de l’itinéraire.

Les hommes en présence

De part et d’autre des lignes : César, qui a porté la guerre jusqu’en Épire ; Pompée le Grand, l’homme de tous les triomphes ; et Marc Antoine, qui a forcé le blocus maritime pour porter ses renforts à César.