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Enluminure médiévale montrant l’enterrement des victimes de la grande mortalité à Tournai : des habitants portent et descendent en terre des cercueils tandis qu’un fossoyeur place un corps en bière.

La cité du pape ravagée : Avignon dans la grande mortalité

Atelier de Pierart dou Tielt, « Enterrement des victimes de la peste à Tournai », détail des Chroniques de Gilles li Muisit, v. 1349-1352, Bibliothèque royale de Belgique (MS 13076-77, f. 24v) — domaine public (Wikimedia Commons).

De Provence, les nouvelles montent, et toutes disent la même chose : Avignon, la cité où réside le souverain pontife, est entrée dans le deuil. Le mal venu de la mer y est apparu en ce mois de janvier, et l’on dit qu’il n’épargne ni le pauvre ni le riche, ni le clerc ni le laïque. Nous rapportons ici ce qui nous parvient de cette ville où réside le souverain pontife — hors du royaume, sur terre d’Empire —, sans en pouvoir mesurer toute l’étendue.

Le chroniqueur 25 janvier 1348, 08h00 9 min
Portrait

Guy de Chauliac, le médecin qui regarde le mal en face

Tandis que tant de mires et de physiciens d’Avignon ont fui ou se sont terrés, le chirurgien du pape, maître Guy de Chauliac, est demeuré au chevet des mourants. Atteint lui-même de la grande mortalité, il en a réchappé, et nous rapporte ce qu’il a vu de ses yeux : un mal qui se montre sous deux visages, et qu’il décrit avec la froideur d’un homme de l’art, sans se vanter d’en connaître le remède.