Damiette prise sans presque combattre
Nous avons débarqué de vive force, au matin du cinquième jour de juin, la mer nous montant jusqu’à la poitrine et les flèches sarrasines nous plongeant tout autour. On nous promettait un long siège devant la ville la mieux gardée d’Égypte. Nous en tenons les portes ce jour, la garnison enfuie dans la nuit, les greniers pleins. La joie est grande au camp, et grande aussi la surprise : nul, ici, ne comprend encore pourquoi l’Infidèle nous a laissé Damiette presque sans coup férir.