Nous actualisons au rythme des nouvelles venues des barricades, du Meurice, de Montparnasse et de l’Hôtel de Ville.
DépêcheProbable
Des chars français franchissent les portes du sud
Un détachement de la 2e division blindée, commandé dit-on par le capitaine Raymond Dronne, vient de pénétrer dans Paris par le sud — l’entrée dans la ville étant signalée autour de 20h41, avant que l’avant-garde ne pousse vers l’Hôtel de Ville. Les premiers récits hésitent sur le point d’entrée : on parle de la Porte d’Italie pour les uns, de la porte de Gentilly pour les autres. Le gros de la division ne suit pas encore : ce ne sont, pour l’heure, qu’une poignée de blindés lancés à travers la ville insurgée.
FaitProbable
L’avant-garde atteint l’Hôtel de Ville
L’avant-garde — la 9e compagnie, dite « La Nueve », où l’on compte une forte majorité de républicains espagnols (quelque 146 hommes sur 160, selon les chiffres qui circulent) — aurait atteint le parvis de l’Hôtel de Ville aux alentours de 21h22 — d’autres récits avançant plutôt 22h20. L’heure exacte nous est rapportée diversement et reste à confirmer. Les half-tracks portent des noms de batailles d’Espagne. Les premiers résistants les entourent.
FaitConfirmé
Les cloches de Paris se mettent à sonner
À l’annonce de l’arrivée des chars, les cloches de la capitale sonnent à la volée. Le bourdon de Notre-Dame donne le signal, repris d’église en église. Dans les rues, aux fenêtres, on s’appelle, on pleure, on chante. Radio-Paris s’est tue ; c’est la radio de Londres et la rumeur des barricades qui portent la nouvelle.
Note de la rédactionConfirmé
La nuit reste dangereuse
Que l’on ne s’y trompe pas : le gros de la division Leclerc n’est pas encore entré, les points d’appui allemands tiennent toujours dans la ville, et nul ne sait ce que fera la garnison du Gross-Paris. Les barricades demeurent en armes. Nous écrivons d’une cité encore disputée, où une avant-garde n’est pas une délivrance.