Chef d’escadron Pierre-Étienne Moreau, 2e division blindée (général Leclerc)
« Nous avons foncé sur Paris comme on revient chez soi »
Le chef d’escadron Pierre-Étienne Moreau, de la 2e division blindée du général Leclerc, nous reçoit ce soir dans le hall de l’hôtel Meurice, encore marqué par les impacts de la bataille. Il retrace, depuis le débarquement normand jusqu’aux barricades de la capitale, une campagne de trois années que rien n’aura interrompue depuis les sables d’Afrique.
Chef d’escadron, voici un an et demi que la 2e DB se bat. Où en étiez-vous quand on vous a donné l’ordre de marcher sur Paris ?Nous étions en Normandie, à peine soufflé d’Écouché et d’Argentan. La division venait de participer à la fermeture de la poche de Falaise — des combats durs, meurtriers, dans ce bocage que les chars n’aiment guère. Quand l’ordre est tombé, le 22 au soir, l’annonce s’est propagée parmi les hommes avec une rapidité que seule la nouvelle de la mort d’un camarade peut égaler, mais dans le sens inverse. Paris. Nous allons sur Paris. Certains pleuraient. Des hommes qui n’avaient pas pleuré depuis des années. Moi compris, je ne m’en cache pas.
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