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Enluminure médiévale montrant Saladin, à cheval, s’emparant de la Vraie Croix des mains du roi Guy de Lusignan au milieu de la mêlée des cavaliers, à la bataille de Hattin.

L’ost du roi anéanti aux Cornes de Hattin

Saladin s’empare de la Vraie Croix des mains de Guy de Lusignan à la bataille de Hattin — Matthieu Paris, Chronica Majora (v. 1235-1259), fol. 140r, Corpus Christi College, Cambridge, MS 26 — domaine public (Wikimedia Commons).

Deux jours après la bataille, des fuyards descendus des collines de Galilée apportent sur la côte une nouvelle qui glace le pays : l’armée du roi Guy, partie de Saffouriyé et lancée vers Tibériade, a été encerclée et détruite près des Cornes de Hattin. Le roi serait aux mains de Saladin. Le récit nous parvient confus, incomplet, tel qu’il court de bouche en bouche.

Frère Anselme d’Acre 6 juillet 1187 6 min

De la trêve rompue à la déroute des Cornes

Comment on en est arrivé là : l'ascension de Saladin, le raid de Renaud et l'affaire de Cresson, puis la marche assoiffée de Saffouriyé jusqu'aux Cornes de Hattin et la bataille elle-même, heure par heure, racontée aussi par un rescapé.

Les Cornes de Hattin

De Saffouriyé au piège, 3-4 juillet 1187

La marche fatale : l'ost franc quitte les sources de Saffouriyé pour secourir Tibériade, s'engage sur un plateau aride sous le harcèlement des archers montés, campe une nuit sans eau, puis se retrouve encerclé sur les hauteurs de Hattin au milieu des broussailles incendiées.

Ost franc ~15 000-20 000 hommes

Dont environ 1 200 chevaliers ; estimations composites, non un décompte réel.

Armée de Saladin ~20 000-40 000 hommes

Fourchette large ; les récits gonflent volontiers les nombres du camp adverse.

Saffouriyé → Tibériade ~une trentaine de km

Sans point d'eau sûr sur le plateau, en plein cœur de l'été.

Durée Une journée + la bataille

Marche harcelée le 3 juillet, campement sans eau, puis affrontement décisif le 4 juillet.

Rapporté

Conseil de guerre et départ

Après de vifs débats sous la tente, l'ost lève le camp de Saffouriyé pour marcher au secours de Tibériade assiégée.

Confirmé

Marche harcelée, campement sans eau

Les archers montés des Infidèles épuisent la colonne tout le jour ; le soir, l'ost campe sur un plateau aride, privé de source.

Confirmé

La soif et les feux

Les hommes et les chevaux souffrent de la soif ; l'adversaire allume des feux dans les broussailles sèches, la fumée rabat sur le camp.

Confirmé

Encerclement aux Cornes, capture du roi

Cerné sur les hauteurs de Hattin, aveuglé par la fumée, l'ost se disloque ; le roi Guy est fait prisonnier.

Les effectifs comme les pertes ne sont donnés qu'en ordre de grandeur : aucun décompte fiable n'existe.

Le détail heure par heure repose sur des récits partisans, francs comme musulmans, qu'il faut recouper avec prudence.

En direct Reconstitution

La bataille des Cornes de Hattin

Reconstitution du 4 juillet 1187 d'après les récits de rescapés

Reprise de la marche dans la soif

Au petit jour, l'ost lève un camp sans eau. Hommes et chevaux ont souffert toute la nuit ; la colonne se remet en marche vers Tibériade, harassée avant même le premier choc.

Le harcèlement des archers montés

Les cavaliers des Infidèles tournoient autour de la colonne et la criblent de flèches sans jamais l'aborder de front. L'arrière-garde, où se tiennent les Templiers, est particulièrement pressée.

La fumée des broussailles incendiées

L'adversaire met le feu aux herbes et aux broussailles sèches. La fumée rabat sur l'ost, aveugle les combattants, brûle les gorges déjà desséchées par la soif.

Les fantassins se débandent vers les Cornes

Assoiffés, désespérant d'atteindre l'eau du lac, une partie des piétons rompt les rangs et se réfugie sur les hauteurs des Cornes de Hattin, se coupant de la cavalerie.

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Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

La Vraie Croix perdue

La relique la plus sacrée du royaume est tombée aux mains de Saladin. Récit de sa perte, et la lecture providentielle qu'en font déjà les clercs.

L'été des redditions

L'ost franc anéanti, les places tombent l'une après l'autre — Tibériade, Acre et la côte — sans personne pour les défendre.

Après Hattin

L'été des redditions, juillet-septembre 1187

Privées de l'armée engloutie à Hattin, les places franques tombent les unes après les autres. En quelques semaines, ports et forteresses ouvrent leurs portes, faute de garnisons pour les défendre.

Places tombées en deux mois Plusieurs dizaines

Ordre de grandeur : villes, ports et forteresses passent sous l'autorité de Saladin.

Garnisons franques Vidées pour l'ost

Les places avaient dégarni leurs murs pour rassembler l'armée à Saffouriyé ; elles se rendent sans combattre.

Dates des redditions Variables

Le calendrier précis de plusieurs villes diffère d'une source à l'autre.

Confirmé

Tibériade

La citadelle est rendue par la comtesse Eschiva, qui la tenait encore après la bataille.

Confirmé

Acre

Le grand port marchand ouvre ses portes ; sa prise donne à Saladin un débouché maritime majeur.

Rapporté

Toron

La forteresse cède à son tour, dégageant l'arrière-pays.

Incertain

Naplouse, Jaffa, Sidon, Beyrouth

Villes de l'intérieur et ports du littoral tombent en cascade, à des dates incertaines selon les récits.

Incertain

Ascalon

La place forte du sud se rend après un bref siège ; la date exacte varie selon les sources.

Confirmé

Siège de Jérusalem

Saladin met le siège devant la Ville sainte ; l'issue en demeure, à cette date, inconnue.

Les dates de plusieurs villes varient sensiblement selon les chroniqueurs ; on ne retient ici qu'un fil d'ensemble.

À la date de cette infographie, l'issue du siège de Jérusalem n'est pas connue.

Les hommes de Hattin

Le vainqueur, le roi captif, le baron exécuté — et la question qui divise le camp franc : fallait-il jamais quitter les sources de Saffouriyé ?

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