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Un soldat français du 151e régiment d’infanterie examine une affiche dans un bâtiment du village allemand de Lauterbach, occupé pendant l’offensive de la Sarre, le 9 septembre 1939.

Nos soldats ont passé la frontière : l’armée française avance en territoire allemand

Service Cinématographique des Armées, soldat français à Lauterbach (Sarre), 9 septembre 1939. Domaine public (PD-anon-70-EU), Wikimedia Commons.

Depuis quelques jours, des unités du 2e groupe d’armées ont franchi la frontière et progressent en territoire allemand, dans la région de la Sarre. C’est la première action offensive de notre armée à l’ouest depuis la déclaration de guerre. Mesure limitée ou début d’une grande poussée ? À cette heure, rien ne permet de trancher.

La rédaction 9 septembre 1939, 07h00 6 min

Du passage de la frontière au coup d’arrêt

Premiers villages occupés, progression prudente, puis l’ordre de Gamelin d’arrêter le mouvement : la chronique d’une offensive mesurée.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Le capitaine Henri Vasseur, commandant une compagnie d’infanterie, 2ᵉ groupe d’armées (personnage composite)

« On avance dans des villages où il ne reste personne » — entretien avec un capitaine du front de Sarre

Depuis le 7 septembre, des troupes françaises ont franchi la frontière et progressent en territoire allemand, dans le secteur de la Sarre. Un capitaine d’infanterie du 2ᵉ groupe d’armées, officier de carrière revenu pour quelques heures à l’arrière, a accepté de nous décrire cette première avance : les bourgs désertés qu’on occupe, les routes minées qu’il faut sonder, et l’étrange sentiment d’aller de l’avant sans savoir jusqu’où.

Capitaine, depuis quand vos hommes sont-ils passés de l’autre côté de la frontière ?

Nous avons franchi la limite le 7 au matin, voici deux jours. Quelques éléments de reconnaissance étaient allés tâter le terrain dès les premiers jours, après la déclaration de guerre ; mais le mouvement d’ensemble, l’avance proprement dite, c’est le 7 qu’il a commencé. On nous avait préparés, prévenus, regroupés ; et puis l’ordre est venu, et nous avons quitté nos positions pour aller de l’avant. Je vous dirai franchement : on attendait ce moment depuis le 3 septembre avec une sorte d’impatience nerveuse. Quand il est arrivé, ce ne fut pas l’élan qu’on imagine. Ce fut lent, prudent, méthodique. On ne se rue pas en territoire ennemi comme à la parade.

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