L’ost anglais s’est retranché sur la crête au-dessus de Crécy ; l’ost de France, après une longue marche, paraît en cette fin de journée. Nous rapportons heure après heure ce que les courriers et les fuyards laissent entendre du champ ; rien n’est encore tranché.
FaitProbable
L’ost anglais demeure rangé sur la crête
Depuis le milieu du jour, les Anglais ne bougent point. Ils se tiennent sur une hauteur au-dessus de Crécy, en trois batailles, le dos appuyé à un bois et à des pentes. On les dit reposés et nourris, ayant pris poste de longue main, là où ils ont voulu attendre.
DépêcheProbable
L’ost de France paraît, au bout d’une longue marche
Les bannières de France se découvrent sur les chemins du Ponthieu. La chevalerie arrive par troupes, échauffée d’une marche qui dure depuis l’aube ; les rangs s’allongent et se mêlent sans qu’on ait pu, semble-t-il, les ordonner tout à fait.
RumeurIncertain
On dit qu’on a voulu différer le combat
Le bruit court parmi les arrivants que des avis sages auraient conseillé d’attendre le lendemain, le temps de rassembler tout l’ost et de le mettre en ordre. Mais la presse des arrivants et l’ardeur des seigneurs l’auraient emporté : on ne peut plus reculer ceux qui poussent par-derrière.
FaitProbable
Une averse traverse le champ
Une pluie soudaine et drue s’est abattue, détrempant la terre et les hommes, puis le ciel s’est rouvert. Le soleil, dit-on, donne maintenant du côté des nôtres, face aux archers ennemis postés sur la pente.
Les forces et les pertes de la journée du 26 août, données en fourchettes : aucun témoin n’est en état d’en arrêter le compte, et les chroniqueurs gonflent volontiers les nombres.
Armée anglaise (estimation)≈ 7 000-10 000 hommes
Archers, hommes d’armes et gens de pied ; certains récits poussent au-delà, ce qui paraît excessif.
Armée française (estimation)≈ 24 000-50 000 hommes
Chevalerie, arbalétriers génois et milices ; tel chroniqueur va jusqu’à cent mille, chiffre tenu pour exagéré.
Chevaliers français tombés≈ 1 500
Ordre de grandeur le plus souvent avancé pour la noblesse fauchée dans les charges du soir.
Arbalétriers génois tués≈ 2 300
Envoyés en avant et défaits avant le gros du combat ; piétinés ensuite par la chevalerie selon plusieurs récits.
Pertes françaises totales (estimation)≈ 6 000
Toutes conditions confondues ; chiffre indicatif, que les chroniqueurs feront varier longtemps.
Pertes anglaises (estimation)≈ 100-300 hommes
Déséquilibre jugé étonnant et difficile à croire à l’époque, tant il paraît grand.
Le récit d’un homme d’armes échappé du champ de nuit, et le registre des très grands noms tombés en Ponthieu — du roi aveugle de Bohême au frère du roi de France.
Entretien
Le grand entretien du jour
La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.