Un clerc latin attaché à l’ost, versé dans le droit de l’Église
Un légat entre l’interdit de Rome et l’union promise
Deux jours après le couronnement d’Alexis en Sainte-Sophie, un clerc latin attaché à l’armée accepte de parler. Il porte en lui deux fidélités qui tirent en sens contraire : la défense faite par le Saint-Père de tourner les armes contre des chrétiens, et l’espérance immense d’une seule Église, qui vient de lui être promise sur le parvis même du sacre.
Vous avez assisté au couronnement du jeune Alexis en la grande église. Qu’avez-vous ressenti ?Un trouble, je vous l’avoue, et non la seule joie qu’on attendrait. J’ai vu un prince que nous avons rétabli monter sur le trône de son père, sous les voûtes que les Grecs tiennent pour les plus saintes de leur monde. Et j’ai pensé à ce qu’il nous avait promis pour en arriver là : que l’Église d’Orient, si longtemps séparée, reviendrait à l’obéissance du siège de Rome. Voyez-vous, un homme de ma robe attend depuis l’enfance qu’on lui dise que la déchirure sera recousue. Depuis près d’un siècle et demi, l’Orient et l’Occident se sont détournés l’un de l’autre, chacun tenant l’autre pour égaré. Et voilà qu’on me dit : cela va finir, et c’est par vous que cela finit. Comment ne pas trembler d’espérance ?
Lire l’entretien