Gui des Vaux-de-Cernay, abbé cistercien de l’ost, chargé par le Saint-Père de lever les décimes de la croisade
L’abbé qui a défendu, au nom du pape, de porter le fer sur Zara
Le jour même où Zara se rend, l’abbé des Vaux-de-Cernay accepte de dire pourquoi il s’est dressé devant le conseil pour proclamer l’interdit du Saint-Père. Cistercien envoyé lever les décimes de la croisade, non homme de guerre, il a parlé au nom des seigneurs qui campent à l’écart et a défendu, la lettre d’Innocent à la main, d’assiéger une cité chrétienne. La ville est tombée sans qu’il ait été écouté ; il n’en retire rien de ce qu’il a dit.
Un abbé de Cîteaux dans une armée en campagne, on ne s’y attend guère. Qu’êtes-vous venu faire jusqu’ici, mon Père ?Je ne suis pas venu pour l’épée, vous le voyez bien. Un moine ne verse pas le sang, il prie et il exhorte. Le Saint-Père, notre Père Innocent, a voulu que quelques-uns de mon ordre suivissent le pèlerinage pour lever sur les églises les deniers dont une croisade a besoin, et pour rappeler à ceux qui l’ont prise ce qu’est la croix qu’ils portent sur l’épaule. Voilà ma charge : les décimes, et la parole. J’ai prêché la délivrance du Sépulcre, j’ai reçu l’argent des fidèles, j’ai suivi les nefs. Je croyais aller vers Jérusalem, ou vers la terre d’Égypte d’où l’on peut frapper au cœur ceux qui tiennent les lieux saints. Je ne croyais pas venir camper devant une ville de chrétiens.
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