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Enluminure médiévale en deux scènes : à gauche, le pape Urbain II et des évêques à cheval se rendant en France ; à droite, Urbain II sur un siège présidant une session du concile face à des évêques mitrés assis.

À Clermont, le pape remet l’Église en ordre

Miniature anonyme, Roman de Godefroi de Bouillon (XIVe siècle), Bibliothèque nationale de France, ms. Français 22495 (base Mandragore) — domaine public, via Wikimedia Commons.

Depuis dix jours, prélats et abbés venus de tout le royaume siègent sous la présidence du pape Urbain II. Simonie, mariage des clercs, paix des faibles : le concile d’Auvergne referme les plaies de l’Église et confirme que le roi Philippe demeure hors de sa communion.

Foucher de Riom, à la suite du concile, Clermont 26 novembre 1095 5 min

La trêve, la simonie… et le roi maintenu excommunié

Avant tout appel, un concile de réforme : une trentaine de canons contre la simonie, pour le célibat des clercs, la trêve de Dieu imposée aux chevaliers — et l'excommunication du roi Philippe Ier maintenue pour l'affaire de Bertrade. Un chanoine réformateur défend cette discipline qui vaut pour la milice comme pour le prince.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Yves de Chartres

Yves, évêque de Chartres : « Corriger le roi n’est pas défaire son royaume »

Tandis que le concile d’Auvergne tient séance et rappelle ses interdits contre la simonie et la mainmise des laïcs sur l’Église, l’évêque de Chartres — premier prélat à avoir refusé de bénir l’union du roi Philippe et de dame Bertrade, et emprisonné naguère pour ce refus — siège parmi les Pères. Il s’est entretenu avec nous en marge des sessions : sur la discipline que le concile rappelle, et sur le cas du roi, qui est aussi le sien.

Vous avez payé cher votre opposition à l’union du roi. Pourquoi tenir à siéger, aujourd’hui, dans ce concile ?

Parce que cette cause est la mienne avant d’être celle d’un autre, et que je ne la laisserai pas juger sans y être. J’ai refusé le premier de bénir ce remariage ; j’en ai porté le poids dans ma chair. Il eût été facile, depuis, de me tenir à l’écart et de laisser d’autres décider à ma place. Mais un évêque n’est pas fait pour fuir les assemblées où se traite ce qu’il a défendu au prix de sa liberté. Je suis donc venu, comme tant de mes frères, porter mon sentiment devant le saint-père et les Pères réunis. On m’a demandé mon avis assez souvent par lettres ; il est bon qu’on l’entende aussi de vive voix, là où les choses se décident. Ne cherchez pas dans ma présence un goût des honneurs de concile : j’y vois un devoir, non un plaisir.

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19 novembre 109510 min