Yves de Chartres
Yves, évêque de Chartres : « Corriger le roi n’est pas défaire son royaume »
Tandis que le concile d’Auvergne tient séance et rappelle ses interdits contre la simonie et la mainmise des laïcs sur l’Église, l’évêque de Chartres — premier prélat à avoir refusé de bénir l’union du roi Philippe et de dame Bertrade, et emprisonné naguère pour ce refus — siège parmi les Pères. Il s’est entretenu avec nous en marge des sessions : sur la discipline que le concile rappelle, et sur le cas du roi, qui est aussi le sien.
Vous avez payé cher votre opposition à l’union du roi. Pourquoi tenir à siéger, aujourd’hui, dans ce concile ?Parce que cette cause est la mienne avant d’être celle d’un autre, et que je ne la laisserai pas juger sans y être. J’ai refusé le premier de bénir ce remariage ; j’en ai porté le poids dans ma chair. Il eût été facile, depuis, de me tenir à l’écart et de laisser d’autres décider à ma place. Mais un évêque n’est pas fait pour fuir les assemblées où se traite ce qu’il a défendu au prix de sa liberté. Je suis donc venu, comme tant de mes frères, porter mon sentiment devant le saint-père et les Pères réunis. On m’a demandé mon avis assez souvent par lettres ; il est bon qu’on l’entende aussi de vive voix, là où les choses se décident. Ne cherchez pas dans ma présence un goût des honneurs de concile : j’y vois un devoir, non un plaisir.
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