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Gravure d'époque de Frans Hogenberg montrant, en plusieurs scènes juxtaposées, l'assassinat du duc de Guise au château de Blois : cortège armé, meurtre dans la chambre du roi, corps sous la galerie.

Le duc de Guise tué au château

Frans Hogenberg, « Assassinat du duc de Guise et du cardinal de Guise à Blois, 23 décembre 1588 », eau-forte coloriée, fin XVIᵉ siècle, Musée national du château de Pau — domaine public (Wikimedia Commons).

Ce matin, au château de Blois, Henri de Lorraine, duc de Guise et lieutenant général du royaume, a été frappé à mort par des gentilshommes de la garde du roi, dans les appartements royaux où il se rendait pour le Conseil. Il est tombé au pied du lit du roi.

Guillaume Ferrand, chroniqueur 23 décembre 1588 5 min

Le matin du 23 décembre, heure par heure

La matinée qui a vu le duc de Guise appelé au Conseil, mandé au cabinet du roi, puis assailli dans les appartements royaux : le direct du château et la chronologie des deux journées.

En direct Le duc de Guise est mort

Direct — Château de Blois, 23 décembre 1588 : le duc de Guise tué au matin

Les États généraux réunis à Blois suivent, heure par heure, la matinée qui a vu le duc de Guise appelé au cabinet du roi puis assailli dans les appartements royaux.

Le roi déjà éveillé, ses fidèles postés dans le château

Selon les récits recueillis au château, le roi est debout bien avant le jour et s'entretient avec quelques fidèles. Des hommes de confiance auraient été postés dès cette heure dans les galeries et les abords de son appartement, sans que le motif en soit alors donné à voir.

Un Conseil convoqué comme à l'accoutumée

Le roi fait convoquer son Conseil pour le matin, ainsi qu'il en a l'habitude en cette période d'États généraux. Le duc de Guise, lieutenant général du royaume, est mandé à Blois pour y assister comme les autres jours.

Le duc, averti, écarte les mises en garde

Des mises en garde seraient parvenues au duc de Guise dans la nuit et jusqu'au matin même, l'invitant à se défier du roi. On lui prête d'avoir répondu qu'il n'oserait pas s'en prendre à lui. Le mot circule à Blois, sans qu'on puisse en garantir les termes exacts.

Le duc appelé au cabinet du roi

Le duc de Guise se rend au Conseil puis est appelé dans le cabinet vieux, attenant à la chambre du roi. En traversant les appartements royaux, il est assailli par plusieurs membres de la garde des Quarante-Cinq. Le nombre exact des assaillants n'est pas connu avec certitude, les récits variant sur ce point.

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Blois, 23-24 décembre 1588

Deux matins qui décapitent la Ligue

L’enchaînement du Conseil-prétexte à la destruction des corps, tel qu’on peut le reconstituer au soir du 24 décembre — les grands faits sont sûrs, le détail horaire l’est moins.

Assaillants désignés ≈ 20

Une vingtaine de gentilshommes des Quarante-Cinq désignés ; huit, selon les récits, auraient porté les coups. Les chiffres varient.

Payé aux soldats ≈ 400 écus

Somme que les récits disent versée aux soldats soudoyés pour exécuter le cardinal, les Quarante-Cinq ayant récusé le sacrilège. Chiffre transmis, invérifié.

Princes de Lorraine tués 2

Le duc Henri de Guise le 23, son frère le cardinal le 24 — les deux têtes de la maison de Lorraine.

Incertain

Avertissements au duc

Des mises en garde circulent ; le duc les écarte. On lui prête le mot « Il n’osera pas » — propos rapporté.

Confirmé

Le duc de Guise tué

Appelé au cabinet du roi, il est assailli par les Quarante-Cinq en traversant les appartements royaux et meurt au pied du lit royal.

Confirmé

Arrestations

Le cardinal de Guise, le cardinal de Bourbon et des députés ligueurs sont saisis.

Confirmé

Le cardinal de Guise exécuté

Les Quarante-Cinq récusant le meurtre d’un cardinal, des soldats sont soudoyés pour l’exécuter dans sa geôle.

Confirmé

Les corps brûlés

Les corps des deux frères sont brûlés et les cendres jetées à la Loire, pour n’en laisser aucun tombeau.

Le déroulé horaire (heures, billets, verbatim) provient de récits narratifs postérieurs et parfois partisans ; les grands faits sont sûrs, le détail théâtral l’est moins.

Après le duc, le cardinal — et les États décapités

Le lendemain, le cardinal de Guise est mis à mort dans sa geôle ; le cardinal de Bourbon et plusieurs princes sont arrêtés, l’assemblée privée de sa tête. Trois jours plus tard, on apprend que les deux corps ont été brûlés et leurs cendres jetées à la Loire.

Les hommes de Blois

Les deux frères abattus — le duc, dit le Balafré, maître de Paris et de la Ligue ; le cardinal, seconde tête de la maison de Lorraine — et la garde gasconne des Quarante-Cinq qui a frappé.

Blois, décembre 1588

Qui est qui à Blois

Les acteurs du drame de Blois, au moment où le roi frappe la maison de Lorraine. Le complot était resté occulte jusqu’au matin même.

Henri III Le roi

Dernier des Valois, humilié depuis les barricades, il ordonne le double meurtre.

Henri de Guise, le Balafré Lieutenant général

Chef de la Ligue, maître de Paris ; première victime, le 23.

Louis, cardinal de Guise Prince de l’Église

Frère du duc, seconde tête de la maison ; mis à mort le 24.

Cardinal de Bourbon Prétendant ligueur

Vieux prince du sang que la Ligue met en avant ; arrêté dans la foulée.

Les Quarante-Cinq La garde du roi

Gentilshommes gascons levés par Épernon ; exécutants du meurtre du duc.

Catherine de Médicis La reine mère

Malade au château ; on la dit troublée par le procédé de son fils.

Les États généraux L’assemblée

Réunis depuis le 16 octobre, à dominante ligueuse, en conflit avec le roi.

Le complot fut tenu secret jusqu’au matin du 23 décembre : ni la cour ni le duc ne savaient qu’un meurtre se préparait.

Ce que le coup veut dire

Coup de majesté ou coup de désespoir ? La ligne qui remonte aux barricades de mai, et le sang d’un cardinal, que Rome regardera : trois lectures d’un même geste.

Les voix de Blois

Trois voix recueillies au château, chacune d’un camp : un gentilhomme du roi qui plaide la justice du prince, un député ligueur qui crie la trahison, un homme d’Église que le sang d’un cardinal accable.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Un gentilhomme du parti royal, proche de la chambre du roi Henri III (nom tu à sa demande)

« Le roi n’a pas tué un sujet, il a châtié un maître » — un gentilhomme de la chambre défend le geste de Blois

Au lendemain de la mort du duc de Guise, recueilli le 25 décembre dans le château encore fermé, un gentilhomme du parti royal, proche de la chambre du roi, plaide la cause de la couronne. Il ne parle pas de meurtre : il parle d’un roi longtemps humilié qui, débordé par des États devenus insolents, a repris la main sur un vassal qu’il tenait pour un maître dans le royaume. Il croit son maître rétabli dans son autorité. Aujourd’hier rapporte sa version sans la faire sienne.

Comment nommez-vous ce qui s’est passé avant-hier dans ce château ?

Je le nomme un acte de justice, et un acte de roi. On vous dira ailleurs que c’est un meurtre ; le mot est facile, mais il est faux. Un meurtre, c’est le fait d’un particulier qui frappe pour sa querelle ou son profit. Ici, c’est le roi, source de toute justice dans son royaume, qui a fait tomber un homme devenu trop grand pour lui obéir. Un souverain n’assassine pas : il châtie, ou il pardonne. Le duc de Guise avait passé toute mesure ; le roi a jugé qu’il ne pouvait plus ni le souffrir ni le punir par les voies ordinaires, un homme si puissant qu’aucun tribunal du royaume ne l’eût osé toucher. Il a donc usé de son droit de roi. Voilà ce que j’en dis, et ce que dit la couronne.

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25 décembre 158812 min
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Justice du roi ou parole rompue ?

Trois tribunes opposées : le roi n’a repris que son bien ; une parole de roi ne se rompt pas sur un cadavre ; et, par-dessous, la question qui divisait déjà les États — au roi ou à l’assemblée, le gouvernement du royaume ?