La matinée qui a vu le duc de Guise appelé au Conseil, mandé au cabinet du roi, puis assailli dans les appartements royaux : le direct du château et la chronologie des deux journées.
Les États généraux réunis à Blois suivent, heure par heure, la matinée qui a vu le duc de Guise appelé au cabinet du roi puis assailli dans les appartements royaux.
DépêcheIncertain
Le roi déjà éveillé, ses fidèles postés dans le château
Selon les récits recueillis au château, le roi est debout bien avant le jour et s'entretient avec quelques fidèles. Des hommes de confiance auraient été postés dès cette heure dans les galeries et les abords de son appartement, sans que le motif en soit alors donné à voir.
FaitProbable
Un Conseil convoqué comme à l'accoutumée
Le roi fait convoquer son Conseil pour le matin, ainsi qu'il en a l'habitude en cette période d'États généraux. Le duc de Guise, lieutenant général du royaume, est mandé à Blois pour y assister comme les autres jours.
RumeurIncertain
Le duc, averti, écarte les mises en garde
Des mises en garde seraient parvenues au duc de Guise dans la nuit et jusqu'au matin même, l'invitant à se défier du roi. On lui prête d'avoir répondu qu'il n'oserait pas s'en prendre à lui. Le mot circule à Blois, sans qu'on puisse en garantir les termes exacts.
FaitProbable
Le duc appelé au cabinet du roi
Le duc de Guise se rend au Conseil puis est appelé dans le cabinet vieux, attenant à la chambre du roi. En traversant les appartements royaux, il est assailli par plusieurs membres de la garde des Quarante-Cinq. Le nombre exact des assaillants n'est pas connu avec certitude, les récits variant sur ce point.
L’enchaînement du Conseil-prétexte à la destruction des corps, tel qu’on peut le reconstituer au soir du 24 décembre — les grands faits sont sûrs, le détail horaire l’est moins.
Assaillants désignés≈ 20
Une vingtaine de gentilshommes des Quarante-Cinq désignés ; huit, selon les récits, auraient porté les coups. Les chiffres varient.
Payé aux soldats≈ 400 écus
Somme que les récits disent versée aux soldats soudoyés pour exécuter le cardinal, les Quarante-Cinq ayant récusé le sacrilège. Chiffre transmis, invérifié.
Princes de Lorraine tués2
Le duc Henri de Guise le 23, son frère le cardinal le 24 — les deux têtes de la maison de Lorraine.
Incertain
Avertissements au duc
Des mises en garde circulent ; le duc les écarte. On lui prête le mot « Il n’osera pas » — propos rapporté.
Confirmé
Le duc de Guise tué
Appelé au cabinet du roi, il est assailli par les Quarante-Cinq en traversant les appartements royaux et meurt au pied du lit royal.
Confirmé
Arrestations
Le cardinal de Guise, le cardinal de Bourbon et des députés ligueurs sont saisis.
Confirmé
Le cardinal de Guise exécuté
Les Quarante-Cinq récusant le meurtre d’un cardinal, des soldats sont soudoyés pour l’exécuter dans sa geôle.
Confirmé
Les corps brûlés
Les corps des deux frères sont brûlés et les cendres jetées à la Loire, pour n’en laisser aucun tombeau.
Le coup accompli
Après le duc, le cardinal — et les États décapités
Le lendemain, le cardinal de Guise est mis à mort dans sa geôle ; le cardinal de Bourbon et plusieurs princes sont arrêtés, l’assemblée privée de sa tête. Trois jours plus tard, on apprend que les deux corps ont été brûlés et leurs cendres jetées à la Loire.
Les deux frères abattus — le duc, dit le Balafré, maître de Paris et de la Ligue ; le cardinal, seconde tête de la maison de Lorraine — et la garde gasconne des Quarante-Cinq qui a frappé.
Coup de majesté ou coup de désespoir ? La ligne qui remonte aux barricades de mai, et le sang d’un cardinal, que Rome regardera : trois lectures d’un même geste.
Trois voix recueillies au château, chacune d’un camp : un gentilhomme du roi qui plaide la justice du prince, un député ligueur qui crie la trahison, un homme d’Église que le sang d’un cardinal accable.
Entretien
Le grand entretien du jour
La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.
Trois tribunes opposées : le roi n’a repris que son bien ; une parole de roi ne se rompt pas sur un cadavre ; et, par-dessous, la question qui divisait déjà les États — au roi ou à l’assemblée, le gouvernement du royaume ?