À la une
L'étage de remontée du module lunaire Eagle, Armstrong et Aldrin à bord, remonte vers Columbia au-dessus du limbe lunaire ; la Terre se lève à l'horizon, 21 juillet 1969.

Eagle a redécollé : les trois hommes ont repris la route de la Terre

L'étage de remontée d'Eagle en route vers le rendez-vous orbital avec Columbia, la Terre à l'horizon au-dessus de la Lune, 21 juillet 1969. NASA, cliché AS11-44-6642 — domaine public (Wikimedia Commons).

Hier soir, l’étage supérieur du module lunaire a quitté la mer de la Tranquillité, emportant Armstrong et Aldrin vers Collins resté en orbite. L’équipage est de nouveau réuni à bord de Columbia, et son moteur l’a remis cette nuit sur le chemin du retour. La partie la plus redoutée s’est jouée hier : le moteur de remontée, unique et sans secours, a bien fonctionné. Restent l’approche de la Terre et la rentrée, attendues jeudi.

L’envoyé spécial à Houston 22 juillet 1969, 08h00 7 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Sir Bernard Lovell, directeur et fondateur de l’observatoire de Jodrell Bank (Cheshire), radioastronome

« Nous écoutons un visiteur dont nous ignorons le but » : Jodrell Bank traque Luna 15

Pendant que les trois Américains d’Apollo 11 filent vers la Lune, le grand radiotélescope de Jodrell Bank, en Cheshire, capte aussi les signaux d’un autre voyageur : Luna 15, l’engin automatique lancé par les Soviétiques le 13 juillet, qui converge lui aussi vers notre satellite. À l’observatoire, on écoute, on calcule, on suit sa course — mais nul, ici, ne sait au juste ce que Moscou a envoyé là-haut. Entretien.

Sir Bernard, ces jours-ci, vers quoi votre grand télescope est-il pointé ?

Vers la Lune, comme à peu près tous les instruments de la planète en ce moment, mais avec une particularité : nous y suivons deux choses à la fois. Il y a, bien sûr, le vaisseau américain Apollo 11, dont l’équipage a quitté la Terre hier et fait route vers le but que vous savez. Et il y a, depuis le 13 de ce mois, un second engin, celui-là sans hommes à bord : la sonde soviétique que l’on désigne sous le nom de Luna 15. Notre antenne est assez grande et assez sensible pour capter les émissions radio de l’un et de l’autre. C’est une situation que je n’avais encore jamais connue : deux voyageurs, partis de deux camps, convergeant vers le même astre dans la même semaine, et tous deux passant, pour ainsi dire, à portée de notre oreille.

Lire l’entretien
17 juillet 1969, 12h0013 min
Le plan de vol

La route d’Apollo 11 : de la Terre à la Lune, et retour

Le plan de vol tel qu’il est annoncé : mise en orbite terrestre, injection vers la Lune, mise en orbite lunaire, descente du module Eagle, remontée et rendez-vous, retour et amerrissage dans le Pacifique. Les durées et l’issue de chaque étape restent à confirmer.

Confirmé

Décollage & orbite terrestre

Saturn V depuis le pas de tir 39A (cap Kennedy). Mise sur orbite de parking autour de la Terre.

Confirmé

Injection translunaire (TLI)

Rallumage du 3e étage : l’ensemble quitte l’orbite terrestre et s’engage sur la route de la Lune. Extraction du module lunaire.

Rapporté

Trois jours de croisière

Traversée de l’espace cislunaire, corrections de trajectoire, transmissions vers la Terre.

Rapporté

Mise en orbite lunaire

Freinage derrière la Lune pour se placer en orbite autour de notre satellite.

Rapporté

Descente d’Eagle

Armstrong et Aldrin passent dans le module lunaire Eagle ; Collins reste à bord de Columbia. Descente motorisée vers la Mer de la Tranquillité.

Rapporté

Séjour & remontée

Après le séjour au sol, l’étage de remontée d’Eagle redécolle — moteur unique, sans secours — pour rejoindre Columbia en orbite.

Rapporté

Rendez-vous & injection vers la Terre

Amarrage, retour de l’équipage dans Columbia, abandon d’Eagle, rallumage pour le voyage de retour.

Rapporté

Rentrée & amerrissage

Rentrée atmosphérique du module de commande, parachutes, amerrissage dans l’océan Pacifique et récupération par la marine.