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Le radiotélescope Lovell de l'observatoire de Jodrell Bank (Cheshire, Angleterre), 1961 — la grande antenne parabolique de 76 mètres de diamètre qui suivit les signaux de Luna 15 en juillet 1969.

Luna 15 : Moscou n’a pas dit son dernier mot

Auteur inconnu, « Lovell Telescope, Jodrell Bank Observatory » (1961), collection Touring Club Italiano — CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons).

Tandis qu’Apollo 11 file vers la Lune, un engin soviétique automatique, Luna 15, lancé le 13 juillet, chemine vers le même but. Moscou a fait connaître sa trajectoire — par prudence, dit-on, pour écarter tout risque de collision — mais se tait sur sa mission. À Jodrell Bank, en Grande-Bretagne, les radioastronomes n’en captent que des signaux. Et déjà, dans les chancelleries et les observatoires, court une question : l’Union soviétique ne chercherait-elle pas à ravir aux Américains la première poignée de sol lunaire ?

Notre correspondant aux affaires spatiales 17 juillet 1969, 10h00 7 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Sir Bernard Lovell, directeur et fondateur de l’observatoire de Jodrell Bank (Cheshire), radioastronome

« Nous écoutons un visiteur dont nous ignorons le but » : Jodrell Bank traque Luna 15

Pendant que les trois Américains d’Apollo 11 filent vers la Lune, le grand radiotélescope de Jodrell Bank, en Cheshire, capte aussi les signaux d’un autre voyageur : Luna 15, l’engin automatique lancé par les Soviétiques le 13 juillet, qui converge lui aussi vers notre satellite. À l’observatoire, on écoute, on calcule, on suit sa course — mais nul, ici, ne sait au juste ce que Moscou a envoyé là-haut. Entretien.

Sir Bernard, ces jours-ci, vers quoi votre grand télescope est-il pointé ?

Vers la Lune, comme à peu près tous les instruments de la planète en ce moment, mais avec une particularité : nous y suivons deux choses à la fois. Il y a, bien sûr, le vaisseau américain Apollo 11, dont l’équipage a quitté la Terre hier et fait route vers le but que vous savez. Et il y a, depuis le 13 de ce mois, un second engin, celui-là sans hommes à bord : la sonde soviétique que l’on désigne sous le nom de Luna 15. Notre antenne est assez grande et assez sensible pour capter les émissions radio de l’un et de l’autre. C’est une situation que je n’avais encore jamais connue : deux voyageurs, partis de deux camps, convergeant vers le même astre dans la même semaine, et tous deux passant, pour ainsi dire, à portée de notre oreille.

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17 juillet 1969, 12h0013 min
Le plan de vol

La route d’Apollo 11 : de la Terre à la Lune, et retour

Le plan de vol tel qu’il est annoncé : mise en orbite terrestre, injection vers la Lune, mise en orbite lunaire, descente du module Eagle, remontée et rendez-vous, retour et amerrissage dans le Pacifique. Les durées et l’issue de chaque étape restent à confirmer.

Confirmé

Décollage & orbite terrestre

Saturn V depuis le pas de tir 39A (cap Kennedy). Mise sur orbite de parking autour de la Terre.

Confirmé

Injection translunaire (TLI)

Rallumage du 3e étage : l’ensemble quitte l’orbite terrestre et s’engage sur la route de la Lune. Extraction du module lunaire.

Rapporté

Trois jours de croisière

Traversée de l’espace cislunaire, corrections de trajectoire, transmissions vers la Terre.

Rapporté

Mise en orbite lunaire

Freinage derrière la Lune pour se placer en orbite autour de notre satellite.

Rapporté

Descente d’Eagle

Armstrong et Aldrin passent dans le module lunaire Eagle ; Collins reste à bord de Columbia. Descente motorisée vers la Mer de la Tranquillité.

Rapporté

Séjour & remontée

Après le séjour au sol, l’étage de remontée d’Eagle redécolle — moteur unique, sans secours — pour rejoindre Columbia en orbite.

Rapporté

Rendez-vous & injection vers la Terre

Amarrage, retour de l’équipage dans Columbia, abandon d’Eagle, rallumage pour le voyage de retour.

Rapporté

Rentrée & amerrissage

Rentrée atmosphérique du module de commande, parachutes, amerrissage dans l’océan Pacifique et récupération par la marine.