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Gravure du XIXe siècle montrant les divisions de chevaliers croisés sortant en rangs de la ville d’Antioche, au pied de la falaise du mont Silpius, face à la vaste armée turque massée dans la plaine.

Antioche délivrée : l’ost affamé sort du piège, l’armée de Kerbogha se débande

Gustave Doré (grav. A. Doms), « Bataille d’Antioche » (planche XVIII, Histoire des croisades, 1877) — domaine public (Wikimedia Commons).

Lundi dernier, l’ost est sorti en corps de bataille par le Pont, la sainte Lance portée en tête. Contre toute attente, l’armée du seigneur de Mossoul s’est disloquée d’elle-même ; ses émirs alliés l’ont abandonné et il a pris la fuite. Le même jour, la citadelle s’est rendue à Bohémond. Le péril est passé.

Gautier de Chartres, clerc à la suite de l’ost, dans Antioche 30 juin 1098 6 min
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Antioche, 28 juin : la sortie contre Kerbogha, heure par heure

Reconstitution de la journée du lundi 28 juin 1098, la sainte Lance en tête de l'ost

Jour de bataille : l'ost se confesse et communie

Depuis des jours, la faim nous ronge dans les murs pris à l'Infidèle, tandis que la grande armée du Turc Kerbogha, venu de Mossoul, nous tient enfermés à notre tour. Ce lundi, il n'est plus question d'attendre. Nos barons ont résolu de sortir et de livrer bataille en plaine. Avant le jour, les prêtres ont dit la messe le long des rangs ; les hommes se sont confessés et ont communié, car beaucoup pensent ne pas revoir le soir. On jeûne, on prie, et l'on s'arme.

La sainte Lance portée en tête des rangs

La relique trouvée voici quinze jours sous l'église Saint-Pierre, cette pointe de fer qu'on tient pour le fer de la Lance qui perça le côté de Notre-Seigneur, est portée en tête de l'ost. C'est le clerc provençal Raymond d'Aguilers, de la maison du comte de Saint-Gilles, qui la lève devant les rangs. Beaucoup, parmi les Provençaux surtout, y voient le gage que Dieu combattra pour nous aujourd'hui. D'autres, on ne le cache pas, gardent leur quant-à-soi sur cette relique-là.

L'ost franchit le Pont sur l'Oronte et se déploie

L'armée sort de la ville et passe le fleuve. Les nôtres franchissent le Pont sur l'Oronte, division après division, et se rangent dans la plaine, dos à l'eau et aux murs, face au camp du Turc. Le comte Raymond de Saint-Gilles, retenu au lit par la maladie, n'est pas de la sortie : il demeure dans la ville avec une garde pour tenir en respect la citadelle du haut, qui n'est pas encore tombée et où flotte toujours l'enseigne de l'ennemi.

Les corps de bataille et leurs chefs

Messire Bohémond a réparti l'ost en plusieurs corps. On voit sortir en tête les gens de Hugues le Grand, frère du roi de France, et ceux du comte Robert de Flandre ; puis le duc Godefroi de Bouillon ; puis Robert, le duc des Normands ; l'évêque du Puy, messire Adhémar, légat de Rome, mène les siens avec la Lance ; et Bohémond garde pour lui un corps en arrière, pour parer où il faudra. Tancrède et le vicomte Gaston de Béarn sont des rangs.

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