L'ost célèbre la délivrance d'Antioche. Mais la cité tombée comptait aussi des chrétiens d'Orient, qui vivaient là sous le gouverneur turc. Nous avons voulu entendre l'une d'eux, qui a traversé la nuit du 2 au 3 juin et vu périr les siens dans la même tuerie que les Turcs.
Qui es-tu, et depuis quand vis-tu dans cette ville ?Je suis née ici, entre ces murs, comme ma mère avant moi. Nous sommes chrétiens, de la langue des Syriens ; j'avais aussi des parents arméniens par mon mari, et des voisins grecs de l'autre côté de la rue. Antioche n'a jamais été d'une seule sorte de gens. On y priait le Christ dans plusieurs langues, et l'on vivait porte à porte avec les musulmans et les Turcs de la garnison. C'était notre ville à tous, avec ses marchés, ses églises, sa grande maison de saint Pierre.