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Enluminure médiévale représentant l’assaut d’Acre en 1291 : un chevalier franc en armure, monté sur un cheval blanc, décoche des traits contre une tour fortifiée où des soldats mamelouks se pressent au sommet du rempart.

Assaut sur toute l’enceinte

Anonyme, « Siège de Saint-Jean-d’Acre » (1291), miniature des « Grandes Chroniques de France » (Lyon, Bibliothèque municipale, Ms 880, f. 342v, v. 1350) — domaine public (Wikimedia Commons).

Avant le jour, ce vendredi, les Sarrasins ont porté leur assaut sur toute la longueur de nos murs, au fracas de leurs tambours. La tour Maudite a cédé, la porte Saint-Antoine est forcée, et l’ennemi s’est rué dans la ville. Nous écrivons ceci à chaud, dans le tumulte, tandis que les nôtres refluent vers le port et vers le château du Temple.

Frère Aycard d’Acre, dans la ville assiégée 18 mai 1291 6 min

La sape, les tours effondrées et le départ du roi

Les jours qui précèdent l’assaut : la mine fait tomber les tours, le fossé se comble, la muraille cède. Le roi Henri II a repris la mer vers Chypre — fuite ou raison, la ville en dispute — tandis que d’autres plumes accusent nos divisions de nous perdre.

En direct Reconstitution

Acre, 18 mai : l'assaut, heure par heure

Reconstitution du vendredi 18 mai 1291 d'après les défenseurs repliés à la pointe du Temple

Sur toute la longueur du mur, l'assaut général se lève

Cette nuit, il n'y a plus de sommeil dans Acre. Avant même que le jour ne point, les Sarrasins se sont ébranlés d'une mer à l'autre et pressent le rempart sur toute sa longueur à la fois, sans plus ménager un seul point. Un fracas monte de leur camp comme on n'en a pas entendu depuis six semaines : cors, timbales et tambours par centaines. On rapporte que ces tambours seraient portés sur le dos de quelque trois cents chameaux, roulant devant les rangs pour donner le pas à l'attaque. Nos gens courent aux créneaux dans le noir.

La tour Maudite est forcée

C'est à la tour Maudite, clef de l'enceinte intérieure, que le poids de l'ennemi se fait le plus lourd. Le fossé comblé et les murs minés ces derniers jours ont fait leur ouvrage : l'assaut y prend pied, et la tour, tant disputée, n'est plus tenue par les nôtres. La brèche donne aux Infidèles l'entrée du dedans des murs.

Nos gens refluent vers la porte Saint-Antoine

La tour Maudite perdue, les défenseurs cèdent le terrain pas à pas et se rabattent vers la porte Saint-Antoine, où se nouent Templiers, Hospitaliers et gens du roi. On s'y bat au coude à coude dans les rues étroites. C'est là, dit-on, que se joue à cette heure le sort de la ville.

La porte Saint-Antoine disputée pied à pied

À la porte Saint-Antoine, l'ennemi presse et les nôtres tiennent encore, mais la ligne plie. Les traits et le feu pleuvent des deux bords ; les rangs se mêlent. Chacun sent que si la porte cède, plus rien ne couvre le cœur de la place.

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