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Direct — 30 mars 1814 : la bataille sous les murs de Paris, heure par heure

Nous actualisons au rythme des nouvelles venues des hauteurs du nord. Les heures sont approximatives et les éléments non confirmés signalés comme tels. Ce direct s’arrête à la capitulation de la place.

L’attaque s’ouvre sur tout l’arc des collines

Dès le petit matin, le feu se porte sur les hauteurs qui ceignent la ville au nord, de Romainville à Pantin et Belleville. Les corps des maréchaux Marmont et Mortier tiennent les villages, soutenus par la garde nationale et les élèves des écoles.

Pied à pied sur les pentes de Pantin et de Romainville

On se dispute chaque clos, chaque mur. L’ennemi, qu’on dit trois ou quatre fois plus nombreux, presse les positions ; les nôtres cèdent le terrain pas à pas, sans rompre.

Le prince Joseph quitte son poste des hauteurs

Le frère de l’Empereur, à qui était confié le gouvernement de la capitale, a quitté son poste des hauteurs et la ville en pleine bataille, laissant aux maréchaux le soin de traiter si la défense devenait sans remède.

L’étau se resserre vers Belleville et La Villette

Les colonnes coalisées gagnent du terrain vers l’est et le centre des hauteurs. Les blessés affluent dans les faubourgs ; on entend le canon jusque dans Paris.

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Infographie

Les quarante-huit heures décisives, du 30 mars au 2 avril

Repères de rédaction pour suivre la bascule : l’assaut des hauteurs, la capitulation militaire de la ville, l’entrée des Coalisés, puis les premiers actes politiques. On s’arrête au 2 avril ; rien au-delà n’est ici présupposé.

Forces sous les murs env. 40 000 c. env. 100 000

Les corps de Marmont et Mortier, renforcés de la garde nationale et des élèves des écoles, face à des armées coalisées trois ou quatre fois plus nombreuses.

Capitulation env. 2 h, le 31 mars

Convention de place signée à un cabaret de La Villette par les colonels Fabvier et Denys face aux comtes Orlov et Paar : reddition militaire, non politique.

Entrée des Coalisés milieu du jour, 31 mars

Par les barrières du nord, Alexandre Ier en tête, avec Frédéric-Guillaume III et Schwarzenberg.

Gouvernement provisoire 1er avril

Institué par le Sénat, présidé par Talleyrand ; la déchéance suit les 2 et 3 avril.

Confirmé

L’assaut des hauteurs

Combats de Romainville et Pantin à Belleville ; la butte de Montmartre est emportée vers dix-huit heures. Marmont demande la suspension du feu en soirée.

Confirmé

La capitulation signée

Vers deux heures du matin, à La Villette, la convention livre la ville et règle l’évacuation des troupes françaises.

Confirmé

L’entrée des souverains

Les Coalisés prennent les barrières au matin ; les souverains entrent vers le milieu du jour. Le tsar se loge rue Saint-Florentin.

Confirmé

Le gouvernement provisoire

Le Sénat institue un gouvernement provisoire de cinq membres, présidé par Talleyrand.

Confirmé

La déchéance prononcée

Le Sénat prononce la déchéance de l’Empereur et de sa maison ; les motifs seront arrêtés le 3 et publiés au Moniteur du 4.

La capitulation du 31 mars est une reddition de place, militaire : elle livre la ville, elle ne dispose ni du gouvernement ni de la couronne.

Les chiffres de forces et de pertes sont des ordres de grandeur rapportés à chaud, non des totaux arrêtés.

On s’en tient au connaissable jusqu’au 2 avril : ces journées ne préjugent en rien du régime à venir ni du sort de l’Empereur.

Un pouvoir vacant

Paris rendu, l’étranger dans nos murs : un gouvernement provisoire s’est formé sous Talleyrand et le Sénat a prononcé la déchéance. À qui, demain, l’autorité ?

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Le maréchal Édouard Mortier, duc de Trévise

Entretien | Le maréchal Mortier : la défense du nord, et ce qu’une capitulation de place engage

Codéfenseur de Paris, le duc de Trévise a tenu l’aile gauche face à l’armée de Silésie tout au long du 30 mars. Au soir de l’entrée des souverains dans la capitale, il revient pour nous sur la journée des hauteurs, sur les conditions qu’il a posées avant de laisser traiter, et sur ce qu’une convention de place règle — et ne règle pas.

Maréchal, vous arrivez devant Paris au sortir de Fère-Champenoise, où vos troupes ont été rudement éprouvées. Dans quel état, et avec quoi, vous êtes-vous mis en position au matin du 30 ?

Dans l’état d’un corps qui s’est battu et qui a marché sans repos. Le 25, en avant de Fère-Champenoise, nous avons été pris en rase campagne par une cavalerie très supérieure, et il a fallu se dégager pied à pied ; on ne sort pas indemne d’une pareille journée. De là, nous avons gagné Paris par étapes forcées, ralliant ce qui pouvait l’être. Au matin du 30, je n’avais sous la main que des débris de divisions, ma jeune Garde, et ce que Marmont et moi avions pu ramener — quelques milliers de fantassins, une artillerie qui avait beaucoup donné. Nous avons pris nos positions au nord comme on se poste quand on n’a plus le choix du terrain : là où l’ennemi allait venir, et où il fallait bien qu’il trouvât quelqu’un.

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31 mars 1814, 21h0012 min
Opinion

Le Sénat avait-il qualité pour déchoir l’Empereur ?

Le Moniteur de ce matin publie l’acte par lequel le Sénat conservateur déclare Napoléon Bonaparte déchu du trône. Mais une assemblée qui doit tout à l’Empire, dont les membres furent choisis par l’Empereur et qui, des années durant, a sanctionné ses actes, a-t-elle pouvoir de le défaire ? Tribune sur une question de droit public que la rue tranche déjà, mais que le juriste, lui, ne saurait expédier.