De l’arrivée de l’armée de secours à la chute des Tourelles : le fil des journées décisives autour de la ville assiégée.
Clôturé4–8 mai 1429Orléans
FaitConfirmé
Le gros de l’armée de secours est entré dans la place
Les renforts amenés de Blois remontés par Gien et Montargis ont rejoint la garnison. La ville, longtemps tenue à l’étroit, dispose désormais de plusieurs milliers d’hommes ; on cite, à la tête des compagnies, le Bâtard d’Orléans, La Hire, Xaintrailles, et le gouverneur Gaucourt. La Pucelle est entrée avec eux.
DépêcheConfirmé
Assaut et prise de la bastille Saint-Loup, à l’est
Vers le milieu du jour, le Bâtard et les capitaines ont lancé l’assaut sur le fort anglais de Saint-Loup, qui ferme la ville à l’est. On dit la garnison de la bastille faible — quelques centaines d’hommes au plus — face à une troupe bien plus nombreuse sortie d’Orléans. Après un rude combat, le fort est emporté ; les pertes anglaises seraient lourdes. C’est le premier des ouvrages du siège à tomber.
Note de la rédactionIncertain
Quelle part revient à la Pucelle ?
On rapporte que la fille venue de Lorraine s’est portée vers Saint-Loup et qu’elle a, dit-on, ranimé l’ardeur des assaillants ; certains la donnent même pour avoir mené l’attaque. Prudence : le commandement des compagnies demeure aux mains des capitaines de métier. Reste à savoir si son rôle est celui d’un meneur tactique ou, surtout, d’un ressort de moral et d’élan — la question n’est pas tranchée.
DépêcheConfirmé
Passage sur la rive sud : Saint-Jean-le-Blanc et les Augustins
Deux jours après Saint-Loup, les gens du roi sont passés sur la rive gauche de la Loire pour porter le fer contre les ouvrages du sud. On rapporte que la bastille Saint-Jean-le-Blanc a été trouvée évacuée par les Anglais, qui s’y sont repliés en bon ordre. L’assaut s’est alors reporté sur le couvent fortifié des Augustins, enlevé après un dur engagement. Les Anglais refluent désormais vers leur dernier réduit, le fort des Tourelles, qui commande le pont.
AnalyseIncertain
Des forces qu’on peine à chiffrer
Du côté du roi, plusieurs milliers d’hommes sont sortis ces jours-ci ; les garnisons anglaises des bastilles se comptent, elles, par quelques centaines chacune. Les pertes des journées passées se diraient de plusieurs centaines côté assiégeant. Tous ces décomptes courent de bouche en bouche et restent à confirmer.
DépêcheConfirmé
L’assaut du fort des Tourelles
Au point du jour, les capitaines ont jeté leurs gens contre les Tourelles, l’ouvrage anglais qui tient la tête du pont, défendu par le capitaine Glasdale. L’assaut a été long et meurtrier ; on s’est repris à plusieurs fois contre les retranchements et le boulevard qui couvre le fort.
RumeurProbable
La Pucelle blessée d’une flèche à l’épaule, puis revenue au combat
On rapporte que la Pucelle a été atteinte à l’épaule d’un trait — une flèche ou un carreau d’arbalète, les récits varient — au plus fort de l’assaut, et qu’elle s’est retirée un temps. Mais elle serait revenue devant le fort pour relever l’ardeur des assaillants. Le fait de la blessure est tenu pour sûr par plusieurs ; le détail et le moment exact restent à confirmer.
DépêcheConfirmé
Glasdale se noie ; les Tourelles tombent
Pressés de toutes parts, les défenseurs ont cédé. On dit que le capitaine Glasdale, en cherchant à se replier, est tombé du pont ou des murailles et s’est noyé dans la Loire. Le fort des Tourelles est aux mains des gens du roi à la nuit tombante. Avec lui tombe le dernier verrou anglais sur le fleuve.
FaitConfirmé
Les Anglais se rangent en bataille, puis se retirent
En ce dimanche, on a vu les Anglais sortir de leurs dernières bastilles et se ranger en ordre de bataille devant la ville, comme pour offrir le combat. Les gens du roi se sont rangés face à eux ; mais l’affrontement n’a pas eu lieu. Au bout d’un temps, les Anglais ont levé le camp et se sont retirés sans qu’on en vînt aux mains. Le siège, commencé l’automne dernier, est levé.
Note de la rédactionIncertain
Le siège est levé — et après ?
Orléans respire. Reste qu’on ne sait pas où vont les Anglais qui se sont éloignés, ni s’ils tenteront de revenir devant la place ou de tenir les autres villes de la Loire. On ignore aussi ce que feront, dans les jours qui viennent, les capitaines du roi et la Pucelle. Pour aujourd’hui, on s’en tient à ce qui est sous nos yeux : la ville est libre de ses assiégeants.