Des blindés allemands s’ébranlent vers Toulon
Deux groupes blindés allemands se mettent en mouvement dans la nuit en direction de l’arsenal, selon les premiers récits parvenus en ville. Les heures sont approximatives.
Opération allemande de surprise sur l’arsenal et autodestruction de la flotte, heure par heure.
Deux groupes blindés allemands se mettent en mouvement dans la nuit en direction de l’arsenal, selon les premiers récits parvenus en ville. Les heures sont approximatives.
On rapporte que le vice-amiral Marquis, préfet maritime, aurait été arrêté à son poste de commandement alors que les Allemands pénétraient dans la place. Heure approximative.
Les premiers chars allemands sont signalés aux abords du fort Lamalgue. Les liaisons téléphoniques de l’arsenal sont coupées les unes après les autres.
Depuis son navire-amiral le Strasbourg, l’amiral de Laborde ferait transmettre par radio l’ordre de saborder, dès qu’il apprend l’entrée de l’ennemi dans le camp. L’heure exacte n’est pas établie : les versions varient à quelques minutes près.
À partir des premières lueurs, les charges sautent et les vannes sont ouvertes : les bâtiments commencent à couler ou à brûler à quai. Une épaisse fumée noire monte au-dessus des bassins.
Plusieurs sous-marins — cinq, dit-on — auraient rompu leurs amarres pour gagner le large sous le feu. Leur sortie et leur destination ne peuvent être confirmées à cette heure.
L’accès aux quais est interdit. C’est par les panaches de fumée sur la rade et par la T.S.F. que les Toulonnais devinent l’ampleur de ce qui se joue dans leur port. Le décompte des pertes est impossible à cette heure.
On parle d’une douzaine de morts et d’une vingtaine de blessés du côté français. Chiffres provisoires, à manier avec prudence.
Aux premières heures de ce vendredi, l’armée allemande a fondu par surprise sur l’arsenal de Toulon. Depuis le Strasbourg, l’amiral de Laborde a fait donner par radio l’ordre de saborder. Des explosions ont commencé à secouer la rade ; une lourde fumée monte au-dessus des bassins. Les équipages ont appliqué la consigne tenue depuis l’armistice : ne livrer la flotte ni aux Allemands, ni aux Britanniques.
Tandis que la flotte s’engloutissait à ses postes d’amarrage, cinq submersibles ont rompu leurs aussières et tenté la sortie de la grande rade. Quatre ont gagné le large sous le feu ; un cinquième s’est sabordé à l’entrée de la passe. On ignore encore s’ils atteindront les côtes d’Afrique du Nord.
Au petit matin, la flotte de Toulon a coulé sous ses propres mains. Avant que l’émotion ne range ce sabordage parmi les hauts faits, il faut le lire pour ce qu’il est : l’exécution d’une consigne ancienne, donnée et redonnée depuis l’été 1940. La flotte ne devait tomber « ni aux Allemands ni aux Britanniques ». Elle n’est pas passée à la France libre ; elle s’est détruite.
Chronologie de l’opération Lila, heures (approximatives), ordre de saborder, pertes.
Récit événementiel de la nuit du sabordage.