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Direct — Saint-Cloud, 1er-2 août 1589 : le roi frappé, puis emporté

Le camp royal devant Paris, à la veille de l'assaut, suit heure par heure le sort du roi depuis qu'un religieux venu de la ville l'a frappé au matin du 1er août.

Le roi est mort 1589-08-02 Camp royal de Saint-Cloud

Un religieux venu de Paris se présente au camp

Un moine jacobin arrivé de Paris se présente aux avant-postes du camp royal, disant porter des messages secrets destinés au roi. Il est arrêté par les gens de garde et conduit devant le procureur général Jacques de La Guesle, qui l'interroge. Rien dans sa mise ni ses propos ne le désigne pour suspect aux yeux de ceux qui le questionnent.

Le moine obtient audience privée du roi

Muni d'une lettre présentée comme émanant d'Achille de Harlay, premier président du Parlement retenu prisonnier à Paris, le religieux est admis ce matin auprès du roi. Le roi, qui se lève à peine, le reçoit seul dans sa chambre, disposé à recueillir des nouvelles de ses partisans demeurés dans la ville assiégée.

Le roi est frappé d'un coup de couteau

Sous prétexte de remettre au roi le message qu'il disait porter, le moine tire un couteau caché sur lui et le frappe au bas-ventre. Le roi crie et, dans le mouvement, arrache lui-même la lame de la plaie pour en frapper le visage de son agresseur. Les gens accourus à ses cris trouvent le roi blessé et le moine encore devant lui.

L'assaillant tué sur place

Les gardes et gentilshommes présents transpercent le moine de leurs épées et jettent son corps par la fenêtre de la chambre. Mort sur l'heure, il ne pourra être interrogé sur les motifs de son geste ni sur ceux qui, le cas échéant, l'auraient poussé à l'accomplir.

Les médecins jugent la plaie sans gravité

Les chirurgiens mandés au chevet du roi pansent la blessure et la déclarent d'abord bénigne. Le roi lui-même montre assez de vigueur pour rassurer son entourage et parler de reprendre bientôt les affaires du siège. On espère au camp une prompte guérison.

L'état du roi se dégrade

Dans le courant de l'après-midi, des douleurs violentes au ventre saisissent le roi et son état s'altère sensiblement. L'inquiétude, jusque-là contenue, gagne le camp, où l'on commence à douter des premières assurances données par les médecins.

Les chirurgiens ne cachent plus leur alarme

Revenus au chevet du roi dans la soirée, les chirurgiens ne dissimulent plus leurs craintes devant l'aggravation du mal. L'issue, que l'on croyait acquise ce matin, est désormais tenue pour incertaine par ceux qui l'approchent.

Le roi appelle Navarre et fait jurer les seigneurs

Se sachant en péril, le roi fait mander Henri de Navarre à son chevet. Devant les princes et seigneurs rassemblés, il lui aurait demandé de veiller sur le royaume et aurait enjoint aux gentilshommes présents de le reconnaître pour successeur. Les récits de ceux qui l'ont entendu ne s'accordent pas tous sur la teneur exacte de ses propos.

Le roi meurt

Henri III s'éteint dans les dernières heures de la nuit, au château de Saint-Cloud. Il était le dernier des rois de la maison de Valois, qui régnait sur la France depuis plus de deux siècles et demi.

L'assaut sur Paris ajourné

Au petit matin, plusieurs gentilshommes catholiques du camp plient bagage et s'en retournent, ne se résolvant pas à servir sous un chef de la religion réformée. L'assaut que l'on préparait sur Paris est ajourné, faute d'ordres et devant le trouble qui gagne l'armée.

Note de la rédaction

L'assassin, tué sur l'heure, n'a rien pu avouer. Qui, s'il y a lieu, l'a armé et envoyé demeure à ce jour inconnu. Paris, de l'autre côté des lignes, n'est à cette heure pas encore informée de la mort du roi.

Pour comprendre le direct

Sources historiques utilisées

secondary

Assassinat d'Henri III — Wikipédia

Déroulé minute par minute de l'attentat du 1er août à Saint-Cloud, de l'aggravation de la blessure et de la mort du roi dans la nuit du 1er au 2 août.

editorial-reconstruction

Reconstitution journalistique

Les horodatages et formulations à chaud imitent un direct suivi minute par minute par la rédaction, du 31 juillet au 2 août 1589. Aucune connaissance postérieure au 2 août n'est mobilisée ; nul commanditaire du moine n'est désigné.