Reprise de la marche dans la soif
Au petit jour, l'ost lève un camp sans eau. Hommes et chevaux ont souffert toute la nuit ; la colonne se remet en marche vers Tibériade, harassée avant même le premier choc.
Reconstitution du 4 juillet 1187 d'après les récits de rescapés
Au petit jour, l'ost lève un camp sans eau. Hommes et chevaux ont souffert toute la nuit ; la colonne se remet en marche vers Tibériade, harassée avant même le premier choc.
Les cavaliers des Infidèles tournoient autour de la colonne et la criblent de flèches sans jamais l'aborder de front. L'arrière-garde, où se tiennent les Templiers, est particulièrement pressée.
L'adversaire met le feu aux herbes et aux broussailles sèches. La fumée rabat sur l'ost, aveugle les combattants, brûle les gorges déjà desséchées par la soif.
Assoiffés, désespérant d'atteindre l'eau du lac, une partie des piétons rompt les rangs et se réfugie sur les hauteurs des Cornes de Hattin, se coupant de la cavalerie.
Autour du roi, les chevaliers lancent plusieurs charges pour desserrer l'étau. Elles ébranlent l'ennemi sans le rompre ; à chaque retour, le cercle se referme un peu plus.
On rapporte qu'un corps de cavaliers a rompu l'encerclement et s'est échappé vers la côte. Les récits divergent sur les circonstances de cette sortie ; nous nous gardons d'en juger.
Sur le sommet, la tente rouge du roi s'affaisse : le signe que la résistance a cédé. Le roi Guy est fait prisonnier, avec nombre de grands du royaume rassemblés autour de lui.
La relique de la Vraie Croix, portée au centre de l'ost, tombe aux mains de l'adversaire. Sa perte frappe les rescapés plus encore que la défaite des armes.
La nuit tombe sur un plateau jonché de morts et de prisonniers. L'armée du royaume, rassemblée à grand-peine, a cessé d'exister comme force de guerre.
Deux jours après la bataille, des fuyards descendus des collines de Galilée apportent sur la côte une nouvelle qui glace le pays : l’armée du roi Guy, partie de Saffouriyé et lancée vers Tibériade, a été encerclée et détruite près des Cornes de Hattin. Le roi serait aux mains de Saladin. Le récit nous parvient confus, incomplet, tel qu’il court de bouche en bouche.
Cinq jours après le désastre des Cornes de Hattin, une nouvelle se confirme de bouche en bouche le long de la côte : la relique de la Vraie Croix, portée au combat, a été prise et emmenée vers Damas. Le royaume pleure son plus saint gage.
Synthèse du déroulé de la bataille, des effectifs et des sources contemporaines.
Recueil de quatre récits contemporains de la bataille, francs et musulmans, à recouper.
Le fil des heures est reconstitué à partir de témoignages de survivants ; les moments précis sont approximatifs.