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L'assaut de Constantinople depuis la Corne d'Or

Reconstitution des 12 et 13 avril 1204 d'après les récits de l'ost

Reconstitution 1204-04-12 Corne d'Or, sous les remparts de Constantinople

Le vent tourne au nord et pousse nos nefs aux murs

Après le revers du 9, où le calme avait laissé les nefs loin du rivage, Dieu nous envoie ce matin un fort vent du nord. Il pousse la flotte des Vénitiens droit contre les remparts qui bordent la Corne d'Or, si près que les échelles peuvent désormais mordre sur les tours. Chacun y voit un signe.

Les nefs vénitiennes accostent les remparts maritimes

Les grandes nefs, liées deux à deux pour porter plus d'hommes, viennent border la muraille du côté du port. Sur les murs et les tours, les Grecs et leurs haches — la garde varègue, mercenaires du Nord au service de l'usurpateur — attendent de pied ferme. Les traits et les pierres pleuvent des deux bords.

Les ponts volants jetés des mâts sur les tours

Du haut des mâts des plus grandes nefs, les Vénitiens ont dressé des passerelles — nos gens les nomment ponts volants — qu'ils lancent d'un coup sur le sommet des tours. On dit que deux nefs liées ensemble, que l'on nomme le Paradis et la Pèlerine, sont les premières à s'accrocher ainsi à une tour du rempart.

Une poignée d'hommes force la première tour

On rapporte qu'une tour est enfin emportée : par le pont volant d'abord, puis par une poterne qu'une poignée de nos gens élargit à coups de pic pour s'y couler un à un. Ils ne seraient guère plus de soixante-dix à tenir ce premier point, cernés, avant que d'autres n'accourent les soutenir. Les noms de ces hardis courent déjà dans l'ost.

Des tours prises, des portes ouvertes de l'intérieur

De tour en tour, nos gens gagnent du terrain le long du mur. Quelques portes basses cèdent et sont ouvertes du dedans : chevaliers et sergents à pied entrent alors dans la place, et la muraille de la Corne d'Or n'est plus tenue par les Grecs sur toute cette portion.

Le quartier des Blachernes tombe entre nos mains

Le quartier des Blachernes, au nord-ouest, avec son palais que les empereurs habitent, est emporté. Nos barons s'y établissent comme en un point d'appui d'où pousser plus avant. C'est le premier grand morceau de la cité qui passe sous notre garde.

Un feu allumé par nos gens gagne la ville

Pour se couvrir des Grecs qui pressaient de toutes parts, nos gens ont bouté le feu entre eux et l'ennemi. Mais le vent le rabat sur les maisons, et l'incendie court dans la ville — le troisième depuis notre venue. On ne sait ce qu'il dévorera avant de s'éteindre.

La nuit tombe sur une issue encore incertaine

Au soir, nos gens tiennent une bonne part du rempart et le quartier des Blachernes, mais la cité est immense et l'usurpateur a de grandes forces. On campe l'arme au poing dans les rues prises, sans oser croire la place à nous. Nul ne sait ce que demain apportera : la ville est trop vaste pour se dire conquise ce soir.

Le bruit court que l'usurpateur aurait quitté la ville

Vers le milieu de la nuit, un bruit gagne le camp : Mourtzouphle, celui qui a saisi la pourpre par le crime, aurait abandonné la place et fui. Rien n'est sûr encore ; nous attendons le jour.

Mourtzouphle a fui, l'ost entre dans la ville

Le jour confirme la nouvelle : Alexis, dit Mourtzouphle, a fui dans la nuit hors des murs, du côté de l'ouest, laissant la cité sans maître pour la défendre. Plus personne ne tient tête à nos barons. L'ost entre dans Constantinople. Ce que deviendra la plus grande ville de la chrétienté, à cette heure, nul ne le sait.

Sources historiques utilisées

editorial-reconstruction

Reconstitution éditoriale — récits de l'ost

Le fil des heures est reconstitué d'après les récits des chroniqueurs de la croisade ; les moments précis et le détail des premiers entrés sont approximatifs.