← Retour à l’édition du jour Direct historique

Direct — La Bastille assiégée : suivez la journée du 14 juillet heure par heure

Nous actualisons au rythme des nouvelles venues du faubourg Saint-Antoine. Les heures sont approximatives et les éléments non confirmés signalés comme tels.

En cours 14 juillet 1789 Paris, des Invalides au faubourg Saint-Antoine

Les électeurs en permanence à l’Hôtel de Ville

Le comité permanent des électeurs siège sans désemparer à l’Hôtel de Ville, pressé de toutes parts de fournir des armes à la milice. On y réclame de la poudre et l’on s’alarme du tour que prend la matinée.

La foule force l’entrée des Invalides

Une multitude saisit aux Invalides des dizaines de milliers de fusils et des canons, sans rencontrer de vraie résistance. Mais il manque l’essentiel : la poudre.

On dit la poudre à la Bastille

Le bruit court que la poudre a été portée à la vieille forteresse de la porte Saint-Antoine. Les rassemblements armés s’en détournent et marchent vers l’est.

Premières délégations au gouverneur

Des envoyés — on cite M. Thuriot — entrent parlementer, demandant le retrait des canons et la remise de la poudre. À l’intérieur, on les reçoit, dit-on, avec civilité, mais rien ne vient.

La fusillade éclate

Dans la confusion, des gens s’engouffrent dans une première cour ; le feu s’ouvre. Qui a tiré le premier ? Les témoignages se contredisent.

Plusieurs heures de combat sous les murs

Une foule mal armée meurt sans avancer contre de fortes murailles. On parle de pertes nombreuses du côté des assaillants ; le compte n’en est pas arrêté.

Les canons des Gardes françaises entrent en batterie

Un détachement des Gardes françaises, passé du côté de la ville, met en batterie les pièces prises aux Invalides contre la grande porte. La science des armes change la face du combat.

La forteresse capitule

De Launay fait abaisser les ponts, dit-on contre la promesse d’avoir la vie sauve. La foule se rue à l’intérieur ; on n’y trouve que sept détenus, aussitôt libérés.

La nouvelle de la reddition gagne l’Hôtel de Ville

Vers la fin de l’après-midi, la nouvelle que la Bastille s’est rendue parvient à l’Hôtel de Ville, où elle soulève l’assemblée des électeurs. On attend déjà les vainqueurs et leurs prisonniers sur la place de Grève.

Que fera la Cour ? Confirmer avant d’annoncer

La place est tombée, mais des troupes nombreuses stationnent aux abords de Paris. On ignore si elles recevront l’ordre de marcher. À cette heure, nous ne pouvons ni confirmer ni préjuger de la suite.

Pour comprendre le direct

Sources historiques utilisées

secondary

Prise de la Bastille — encyclopédie Wikipédia

Notice de référence recoupée pour la garnison (≈82 invalides, ≈32 Suisses de Salis-Samade), les délégations, l’arrivée des Gardes françaises, la prise des armes aux Invalides, les sept prisonniers, l’estimation d’environ 98 morts côté assaillants et la chronologie du 14 au 16 juillet.

secondary

Renvoi de Necker — encyclopédie Wikipédia

Recoupée pour la chronologie : renvoi le 11 juillet à Versailles, nouvelle reçue à Paris le 12, ministère Breteuil.

secondary

Émeutes des 12 et 13 juillet 1789 — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour la chronologie (café de Foy, charge de Lambesc, Saint-Lazare, barrières, comité permanent, milice de 48 000 hommes, cocarde bleu et rouge).

secondary

Camille Desmoulins — encyclopédie Wikipédia

Notice de référence pour la biographie (naissance à Guise, études de droit, bégaiement, obscurité avant 1789) et la scène du 12 juillet au café de Foy.

secondary

Régiment des gardes françaises — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour le casernement parisien, le ralliement de juillet 1789 et le refus de tirer sur le peuple.

secondary

Bernard-René Jourdan de Launay — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour l’escorte (Hulin, Élie), l’épisode du coup de pied au cuisinier Desnot et le lynchage place de Grève.

secondary

Le mot prêté au duc de Liancourt (« — C’est une révolte ? — Non, sire, c’est une révolution »)

Formule rendue célèbre par les historiens du XIXᵉ siècle mais dépourvue de source contemporaine sûre : traitée comme tradition rapportée, jamais comme fait avéré.

editorial-reconstruction

Reconstitution éditoriale des journées de juillet 1789

Les scènes de rue et le déroulé horaire sont plausibles mais reconstitués à chaud : le détail des heures et des responsabilités n’est connu que par des récits ultérieurs et parfois contradictoires.

secondary

Juillet 1789 — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour le déroulé des 15-16 juillet : venue de Louis XVI à l’Assemblée le 15, annonce de l’éloignement des troupes de Paris et de Versailles et formule « je ne fais qu’un avec ma nation », proclamation de Bailly comme maire et de La Fayette à la tête de la garde nationale à l’Hôtel de Ville le 15, rappel de Necker par lettre du roi le 16. La venue du roi à Paris est datée du 17 juillet (postérieure à cette édition) et les départs des princes (Artois, Condé) situés autour des 16-17 juillet.

primary

Discours du roi annonçant le renvoi des troupes, séance du 15 juillet 1789 (Archives parlementaires, via Persée)

Compte rendu de la séance du 15 juillet 1789 : allocution de Louis XVI annonçant l’éloignement des troupes et son attachement à la nation, recoupé pour la teneur publique du propos tenu à la tribune.

secondary

Élection de Bailly comme maire et de La Fayette comme commandant, 15 juillet 1789 (notices d’histoire de Paris)

Recoupée pour la scène de l’Hôtel de Ville le 15 juillet : acclamation de Bailly (anecdote du cri « Non, maire de Paris ! ») et proclamation de La Fayette à la tête de la milice/garde nationale parisienne.

secondary

Guerre des farines — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour les émeutes de subsistances de 1775 qui suivirent la libéralisation du commerce des grains par Turgot, et pour la taxation populaire du pain sur les marchés.

secondary

Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, t. I, livre I, chap. VI « Insurrection de Paris » (12-13 juillet 1789)

Jules Michelet

Récit consulté pour les journées des 12 et 13 juillet : nouvelle du renvoi de Necker le 12 au matin, Desmoulins au café de Foy (épée, pistolet, appel aux armes, feuille au chapeau), bustes de Necker et d’Orléans portés en deuil, charge de Lambesc aux Tuileries, barrières brûlées, pillage de Saint-Lazare et ses farines, milice de 48 000 hommes et cocarde bleu et rouge, comité permanent des électeurs.

secondary

Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, t. I, livre I, chap. VII « Prise de la Bastille (14 juillet 1789) »

Jules Michelet

Récit consulté pour la journée du 14 juillet : garnison (32 Suisses, 82 invalides, canons, barils de poudre), prise des fusils et canons aux Invalides, parlementation de Thuriot (entrée dans les cours, montée sur les tours, canons reculés et masqués), députations de l’Hôtel de Ville avec tambour et drapeau, ralliement des Gardes françaises et mise en batterie de canons, capitulation, mort du gouverneur de Launay (tête portée sur une pique) et de Flesselles.

secondary

Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, t. I, livre II, chap. I « Le roi à l’Assemblée, 15 juillet ; première émigration »

Jules Michelet

Récit consulté pour les 15-16 juillet : venue du roi à l’Assemblée sans gardes avec ses frères, annonce de l’éloignement des troupes de Paris et de Versailles, formule « je ne suis qu’un avec la nation », proclamation de Bailly comme maire et de La Fayette comme commandant de la milice, lettre du roi rappelant Necker le 16 au soir, et première émigration (appartements des Condé, du comte d’Artois et de Mme de Polignac fermés).

secondary

Léon Biollay, Le Pacte de famine — l’administration du commerce (1885)

Léon Biollay · 1885

Étude savante de l’administration des grains au XVIIIe siècle consultée pour la querelle des subsistances : école des physiocrates (Quesnay), liberté du commerce des grains, édit de Turgot de 1774 et guerre des farines de 1775, et le « pacte de famine » traité comme légende et soupçon.

secondary

Louis Trénard, « Guerre des farines » — Encyclopædia Universalis

Louis Trénard

Notice encyclopédique consultée pour la querelle des subsistances : l’édit de Turgot libérant le commerce des grains, la doctrine physiocrate (Turgot disciple de Quesnay et de Gournay, auteur des Lettres sur la liberté du commerce des grains), et la guerre des farines de 1775 (troubles, taxation populaire, soupçons d’accaparement et de complot).

secondary

Camille Desmoulins — Encyclopédie Larousse

Notice encyclopédique consultée pour la harangue du 12 juillet 1789 : « il appelle aux armes la foule réunie dans le jardin du Palais-Royal en arborant une cocarde verte, couleur de l’espérance, et en annonçant que la Cour prépare une “Saint-Barthélemy des patriotes” » — corrobore l’attribution du mot « Saint-Barthélemy des patriotes » et le signe de ralliement vert (couleur de l’espérance).