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1562 : de l'édit de tolérance au sang de Wassy

17 janvier – 2 avril 1562 · Le roi tolère le culte réformé : un édit sans exemple · Perspective Vu de Paris, 17 janvier 1562

À la une
Portrait gravé en médaillon de Michel de L’Hospital, chancelier de France, en buste, de profil, barbe longue, dans un cadre orné de fruits et de guirlandes.

Le roi accorde aux réformés un prêche hors les murs des villes

Portrait de Michel de L’Hospital, gravure d’après Théodore de Bèze, « Icones » (1580) — fac-similé (1906), domaine public (Wikimedia Commons).

Signé le 17 janvier à Saint-Germain-en-Laye au nom de Charles IX, l’édit du chancelier de L’Hospital tolère pour la première fois le culte de ceux de la religion nouvelle, à condition qu’il se tienne hors des villes closes. Le culte public demeure interdit dans les murs, et les églises occupées doivent être rendues. Reste à savoir si le parlement de Paris consentira à l’enregistrer.

Antoine Vasselin, rédaction d’Aujourd’hier 20 janvier 1562 5 min
Repères

Le royaume en trois forces, hiver 1562

Au sortir de l’édit de janvier, trois forces se dessinent dans le royaume. Aucune n’est en armes : la Couronne cherche encore la conciliation entre elles.

La Couronne Régence conciliatrice

Charles IX, roi-enfant de onze ans, sous la régence de Catherine de Médicis. Le chancelier Michel de L’Hospital porte la ligne de tolérance : c’est sa plume qui a rédigé l’édit de janvier, signé le 17 à Saint-Germain.

Le parti catholique Le triumvirat

Formé à l’automne 1561 : le duc François de Guise, le connétable Anne de Montmorency, le maréchal Jacques d’Albon de Saint-André. Opposés à la tolérance accordée aux réformés par l’édit de janvier.

Le parti réformé Prince et amiral

Le prince Louis Ier de Condé et l’amiral Gaspard de Coligny, à la tête des Églises réformées du royaume, nées de l’essor du calvinisme depuis les placards de 1534 et affermies au colloque de Poissy (1561).

Équilibre au 28 février Édit à peine appliqué

L’édit de janvier n’est signé que depuis six semaines et le parlement de Paris rechigne encore à l’enregistrer. Aucun de ces camps n’a pris les armes.

Confirmé

Saint-Germain

L’édit de tolérance est signé au château, résidence de la cour et de la régente.

Confirmé

Paris

Siège du parlement, qui doit enregistrer l’édit pour lui donner force de loi.

Confirmé

Orléans

Place de sûreté protestante, tenue par les Églises réformées de la région.

Confirmé

Wassy et Saint-Dizier (Champagne)

Wassy relève du douaire de Marie Stuart, nièce du duc de Guise. Saint-Dizier, à proximité, en dépend pour la justice seigneuriale.

Ces trois forces ne sont pas des camps en guerre : au sortir de l’édit de janvier, la Couronne cherche la conciliation entre elles.

Effectifs et rapports de force ne sont pas chiffrés ici : cette carte situe les acteurs et les lieux, non des positions militaires.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Michel de L’Hospital, chancelier de France, artisan de l’édit de janvier — personne historique réelle et nommée

« Il n’est pas ici question de constituer la religion, mais la République » : le chancelier de L’Hospital défend son édit

Au lendemain du jour où l’édit de janvier a été porté au parlement de Paris, qui rechigne à l’enregistrer, le chancelier Michel de L’Hospital nous a reçus. Il défend, avec la mesure du magistrat, une paix civile qui sépare l’obéissance au roi de l’unité de la foi : ce n’est pas, dit-il, reconnaître la religion nouvelle, c’est régler la paix du royaume en attendant le concile.

Monseigneur, disons-le d’abord nettement : cet édit permet-il aux réformés de tenir leur religion ? Le royaume aurait-il désormais deux Églises ?

Prenez garde de ne pas dire plus que l’édit ne dit. Il ne consacre point la religion nouvelle, il ne la reçoit ni ne l’approuve ; le roi demeure catholique et le royaume avec lui. Ce que l’édit règle, ce n’est pas la foi, c’est la paix. Il permet à ceux de la religion prétendue réformée de s’assembler pour prier, hors l’enceinte des villes closes, de jour, sans armes ; et, au-dedans des murs, dans leurs maisons, en particulier. Voilà ce qui leur est accordé : une liberté de conscience et une manière de s’assembler qui soit tenue et gardée, non une Église seconde dressée en face de l’ancienne. Il ne s’agit pas ici de constituer la religion, mais de constituer la République ; c’est chose bien différente, et tout le mécompte vient de ce qu’on les confond.

Lire l’entretien
25 janvier 156210 min

Ce que dit l'édit, et d'où vient la querelle

Le détail des dispositions, et le chemin qui a mené de Poissy à cette première tolérance.

Faut-il souffrir deux Églises ?

Deux plumes s'affrontent : l'une pour la conciliation, l'autre pour l'unité de foi.

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