Nous tenons ce fil au rythme des nouvelles qui parviennent dans la capitale. Rien n’est encore arrêté : ce que demain réserve, nul ne le sait à l’heure où nous écrivons.
FaitConfirmé
Les Tuileries au petit jour : le Roi est parti
Au lever du jour, on apprend que Sa Majesté Louis XVIII a quitté le château dans la nuit, avec sa maison, prenant la route du nord. Les appartements sont déserts ; les grilles gardées par quelques hommes encore en cocarde blanche. La nouvelle, d’abord chuchotée, gagne de proche en proche les quartiers voisins.
DépêcheProbable
Un départ dans la nuit du 19 au 20
On rapporte que le Roi a quitté les Tuileries vers le milieu de la nuit, sans éclat, dans plusieurs voitures, gagnant la route du nord, vers Beauvais et la frontière. Les circonstances exactes de ce départ demeurent confuses : on parle de minuit, d’autres d’une heure plus avancée.
AnalyseProbable
Un vide au sommet de l’État
La capitale s’éveille sans gouvernement visible. Les ordonnances dernières du pouvoir royal, affichées la veille, paraissent déjà sans force. Dans les bureaux des ministères, on attend des ordres qui ne viennent pas ; chacun s’interroge sur l’autorité à laquelle il devra obéir avant ce soir.
DépêcheProbable
Paris partagé entre l’attente et l’inquiétude
Aux carrefours, des groupes se forment. Les uns affichent une joie ouverte et ressortent des cocardes tricolores tenues cachées ; d’autres, marchands, gens d’ordre, familles attachées à la cour, montrent une vive appréhension. L’accueil que la ville réserve à l’événement est, de toute évidence, fort inégal.
Repères de rédaction pour suivre la remontée, étape par étape, depuis le débarquement au golfe Juan jusqu’aux portes de Paris. Les dates établies sont distinguées de celles qui nous parviennent encore incertaines.
Duréeune vingtaine de jours
Du débarquement au golfe Juan le 1er mars à l’entrée dans Paris le 20 mars 1815.
Au départenviron un millier d’hommes
La petite troupe embarquée à Portoferraio : grenadiers de la garde, chevau-légers polonais et quelques pièces, débarqués au golfe Juan.
Villes ralliéesGrenoble, Lyon…
Après Laffrey, les places et les troupes envoyées pour l’arrêter passent l’une après l’autre sous l’aigle, sans combat rapporté.
Étapes encore incertainesLyon, le Jura
Les dates exactes de l’entrée à Lyon (9-10 mars) et du ralliement des troupes de Ney (13-15 mars) nous parviennent contradictoires.
Confirmé
Départ de Portoferraio
La petite flottille quitte l’île d’Elbe et fait voile vers la côte de Provence.
Confirmé
Débarquement au golfe Juan
La troupe prend pied entre Cannes et Antibes ; elle évite Antibes et s’engage par la montagne.
Confirmé
Grasse, Castellane, Digne, Sisteron, Gap
La colonne remonte par les Alpes, évitant la vallée du Rhône réputée hostile.
Confirmé
Laffrey
Face aux troupes royales envoyées l’arrêter, sur la route de Grenoble.
Confirmé
Grenoble
Les portes de la ville s’ouvrent dans la nuit.
Incertain
Lyon
Entrée dans la deuxième ville du royaume ; la date précise nous parvient encore incertaine.
Incertain
Lons-le-Saunier
Les troupes rassemblées dans le Jura sous le maréchal Ney basculent ; le moment exact reste à confirmer.
Confirmé
Auxerre
Dernier grand séjour avant Paris, sur l’Yonne.
Confirmé
Fontainebleau
Passage au château aux portes de la capitale, dans la journée.