Un témoin de la séance du 10 juillet au Grand Casino (figure composite — journaliste accrédité ou membre du personnel de la station, ne nommant personne de réel)
Dans la salle du Grand Casino : un témoin de la séance
Il a passé la journée d’hier dans l’enceinte du Grand Casino, transformée en chambre du Parlement réuni. Réunion préparatoire du matin, lecture par M. Laval de la lettre du Maréchal, ralliement de M. Flandin, incident autour de M. Badie empêché de gagner la tribune, puis le scrutin et l’annonce du résultat : il raconte ce qu’il a vu et entendu, sans rien farder de la confusion qui régnait. Un long entretien recueilli à chaud, dans la chaleur de juillet et la gravité du désastre.
Vous étiez dans la salle du Grand Casino dès le matin. Quelle impression première en avez-vous gardée ?Celle d’un lieu qui n’était pas fait pour cela. Le Grand Casino, c’est une salle de spectacle, une salle de jeu et de concerts ; on y a installé en hâte une enceinte parlementaire. Imaginez la scène, les fauteuils de velours, les balcons dorés, et là-dedans six cent cinquante hommes graves, en sombre, qui cherchent leur place dans un décor de théâtre. La chaleur de juillet pesait déjà à l’entrée, les fenêtres entrouvertes ne tiraient guère, et l’on sentait monter, à mesure que la salle se remplissait, cette odeur de foule et de poussière chaude des grands rassemblements. Le contraste entre la frivolité du lieu et la gravité de l’heure m’a frappé dès le premier regard.
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