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Juillet 1940 : Vichy et la fin de la République

9-10 juillet 1940 · Édition de Vichy · Perspective Vichy, Grand Casino

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Portrait du maréchal Philippe Pétain en uniforme, photographie de studio, années 1930.

L’Assemblée confie tous pouvoirs au maréchal Pétain

Henri Manuel, portrait du maréchal Philippe Pétain (années 1930) — domaine public (Wikimedia Commons).

Réunis cet après-midi au Grand Casino de Vichy, députés et sénateurs ont voté, par 569 voix contre 80, une loi chargeant le maréchal de promulguer une nouvelle Constitution. Le chef du gouvernement, âgé de quatre-vingt-quatre ans, n’a pas siégé : c’est Pierre Laval qui a conduit la séance.

Henri Delmas 10 juillet 1940, 21h00 8 min
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Vichy, Grand Casino : la journée du vote, heure par heure

Nous actualisons au fil des nouvelles venues du Grand Casino, où parlementaires et sénateurs sont appelés à se prononcer sur le projet de révision constitutionnelle. Les heures sont approximatives et données « vers » ; les éléments non confirmés sont signalés comme tels. Le résultat du scrutin est attendu dans la soirée.

Ouverture du direct : Vichy se prépare à une journée décisive

Vichy s’éveille sous une affluence inhabituelle. Dès les premières heures, députés et sénateurs convergent vers le Grand Casino, dont la salle de spectacle a été aménagée pour accueillir l’Assemblée nationale. On se presse aux abords, on échange à voix basse : c’est aujourd’hui que le Parlement doit se prononcer sur le projet de révision constitutionnelle présenté par le gouvernement.

Réunion préparatoire : Laval lit une lettre du maréchal Pétain

Dans la matinée, une réunion préparatoire rassemble environ six cent cinquante parlementaires. M. Pierre Laval, ministre d’État, y expose le projet du gouvernement et donne lecture d’une lettre du maréchal Pétain, qui en approuve la teneur. Le maréchal, nous dit-on, ne paraîtra pas lui-même devant l’Assemblée. M. Laval s’emploie à rassurer les hésitants : les commissions parlementaires continueraient de fonctionner et la future Constitution serait soumise à la ratification de la Nation.

M. Flandin se rallie publiquement au projet du gouvernement

Au cours de la matinée, M. Pierre-Étienne Flandin, ancien président du Conseil, se rallie publiquement au projet présenté par le gouvernement. Sa prise de position pèse : elle est de nature à entraîner nombre de parlementaires encore indécis. On prête par ailleurs à M. Laval, dans les couloirs, une intense activité pour rassembler les suffrages ; nous donnons ces propos de coulisse sous réserve.

Ouverture de la séance : la majorité requise abaissée à la majorité simple

La séance officielle de l’Assemblée nationale s’ouvre en début d’après-midi sous la présidence de M. Jules Jeanneney, président du Sénat. Une décision de procédure retient d’emblée l’attention : la majorité nécessaire à l’adoption du texte est abaissée à la simple majorité des suffrages exprimés, et non plus la majorité absolue des membres composant l’Assemblée. L’ordre du jour donne la priorité au projet du gouvernement sur les contre-propositions.

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Vichy, juillet 1940

Le décompte des votes

Les scrutins séparés du 9 juillet, puis le vote de l’Assemblée nationale le 10.

Chambre des députés (9 juillet) 395 — 3

Pour le principe de la révision / contre.

Sénat (9 juillet) 229 — 1

Pour le principe de la révision / contre.

Assemblée nationale (10 juillet) 569 — 80

Pour la loi / contre, avec une vingtaine d’abstentions.

Présents ≈ 649

Majorité requise abaissée à la majorité simple des suffrages exprimés.

Les abstentions sont estimées à une vingtaine.

Le détail nominatif des quatre-vingts opposants n’est pas encore établi avec certitude.

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