Un secouriste-infirmier d’une œuvre d’assistance ayant approché les abords du Vélodrome d’Hiver les 16 et 17 juillet (a souhaité garder l’anonymat).
Approché par bribes du Vél d’Hiv pendant les journées des 16 et 17 juillet, un secouriste d’une œuvre d’assistance livre ce qu’il a vu et fait passer — et tout ce qu’on l’a empêché d’approcher. Un témoignage de seuil, partiel et bouleversé.
Comment vous êtes-vous trouvé devant le Vélodrome d’Hiver ces jours-ci ?Comme tout le monde dans le quartier, j’ai d’abord vu passer les autobus, très tôt, le matin du jeudi. Notre œuvre a été prévenue qu’il fallait des bras du côté de la rue Nélaton, sans qu’on nous dise au juste pour quoi. Je m’y suis rendu avec deux camarades, une trousse, des bidons. On nous a fait attendre longtemps de l’autre côté de la rue. Il y avait des gardiens en faction, des barrages aux entrées. On voyait des familles qu’on faisait descendre des cars et entrer là-dedans, avec des paquets, des enfants à la main. Je dis bien : ce que j’ai vu, c’est ça, du dehors. L’intérieur, je ne l’ai entrevu que par moments, quand on nous laissait porter quelque chose jusqu’à un sas. Je ne veux pas vous raconter ce que je n’ai pas vu.