Sur le pont jeté entre les deux rives de l’Yonne, la rencontre du dauphin et du duc de Bourgogne a tourné au sang. Le récit, encore confus, d’un après-midi tragique.
FaitConfirmé
Les deux partis campent face à face sur les rives de l’Yonne
Depuis le début de l’après-midi, les gens du dauphin Charles tiennent une rive de l’Yonne, ceux du duc Jean de Bourgogne l’autre, séparés par la rivière et par le pont de Montereau. La rencontre a été convenue pour resserrer la paix jurée cet été et accorder les deux princes. De part et d’autre, on s’observe sans se joindre ; les hommes d’armes demeurent en arrière, et l’on attend que les deux seigneurs se décident à s’avancer.
FaitProbable
Un enclos de bois dressé au milieu du pont, fermé d’une porte à chaque bout
Au milieu du pont a été élevé un enclos de planches, sorte de loge fermée d’une porte à chaque extrémité, afin que les deux princes s’y rencontrent à couvert et à l’écart de leurs troupes. Il a été accordé que chacun n’entrerait qu’avec dix hommes pour toute escorte, et que ces dix-là prêteraient serment. Les portes doivent demeurer closes le temps de l’entrevue. La précaution dit assez la défiance que les deux maisons se gardent l’une à l’autre.
DépêcheProbable
Le duc de Bourgogne hésite longuement avant de passer le pont
On rapporte que le duc Jean a longtemps balancé avant de s’engager, pesant le péril d’une telle rencontre en terrain découvert. D’une rive à l’autre, les deux princes se sont épiés une partie de l’après-midi. Ce n’est, dit-on, que vers cinq heures que le duc s’est résolu à s’avancer vers l’enclos, ses gens autour de lui.
DépêcheProbable
Le duc entre dans l’enclos et s’agenouille devant le dauphin
Le duc de Bourgogne franchit la porte et pénètre dans la loge où l’attend le dauphin Charles, l’un et l’autre suivis de leurs dix hommes jurés. Selon les récits qui parviennent du pont, le duc fléchit le genou et s’incline devant le dauphin par révérence. Le dauphin lui aurait reproché d’avoir gardé sa neutralité, voire une entente avec l’Anglais, malgré les accords passés ; le duc aurait répondu qu’il avait fait ce qu’il devait. Le ton, dit-on, est monté entre eux.
Les dix mois qui ont conduit du meurtre du pont de Montereau au traité de Troyes et au mariage royal. La rupture entre les deux partis a ouvert la voie à l’alliance bourguignonne avec l’Angleterre.
Du meurtre au traitéenv. 8 mois
De la mort du duc de Bourgogne, le 10 septembre 1419, au traité scellé le 21 mai 1420 : huit mois ont suffi pour renverser l’ordre du royaume.
Les parties au traitétrois sceaux
Le roi de France Charles VI, le roi d’Angleterre Henri V et le duc de Bourgogne : trois maisons jointes contre le dauphin écarté.
Confirmé
Paix de Pouilly-le-Fort
Le duc de Bourgogne et le dauphin jurent une première paix près de Melun, censée préparer leur réconciliation contre l’Anglais.
Confirmé
Mort de Jean sans Peur
Au cours d’une seconde entrevue, le duc de Bourgogne est tué sur le pont de Montereau. La guerre des deux partis se rallume.
Rapporté
Rapprochement bourguignon-anglais
Le jeune duc Philippe, pour venger son père, se rapproche du roi d’Angleterre ; les négociations d’un traité s’engagent.
Confirmé
Traité de Troyes
Le traité fait du roi d’Angleterre l’héritier et le régent du royaume de France, et écarte le dauphin de la succession.
Confirmé
Mariage de Henri V et Catherine
L’union du roi d’Angleterre et de la fille du roi de France scelle l’alliance des deux couronnes.