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Le siège de Paris et la victoire d'Ivry

Mars-septembre 1590 · Paris affamé · Perspective Dans Paris affamé, 12 août 1590

Ce que rapportent les chroniqueurs

L'échelle de la faim, sous toutes réserves

Aucun registre ne compte les morts d'une ville de plus de deux cent mille âmes livrée à la disette. Les chiffres qui circulent viennent de chroniqueurs parisiens, souvent partisans, et enflent au gré de la peur et de la propagande. Nous les donnons pour ce qu'ils sont : des témoignages, jamais des comptes vérifiés — et nous ne les additionnons pas.

Population de référence ~200 000 à 220 000

L'ordre de grandeur admis pour Paris à la veille du blocus ; base pour lire les estimations, non un décompte des victimes.

Morts relevés chaque matin (dit-on) « cent, cent cinquante, jusqu'à deux cents »

Chiffre rapporté par un chroniqueur au plus fort de l'été ; invérifiable, cité comme témoignage.

Morts de faim en trois mois (dit-on) « treize mille »

Autre estimation de chroniqueur ; d'autres avancent des totaux bien plus élevés. Aucune ne se recoupe.

Estimations globales qui circulent 40 000 à 50 000

Fourchette avancée par certaines plumes pour l'ensemble du siège ; à manier avec la plus grande prudence.

Le prix du pain Hors de portée du pauvre

Le blé atteint des prix inouïs ; on mange le cheval, l'âne, le chien, le chat, les herbes et le cuir bouilli.

Ces nombres sont des témoignages de chroniqueurs partisans, non des comptes officiels : nous ne les tenons pas pour vérifiés et ne les additionnons pas en un total.

Le « pain d'ossements » attribué à la duchesse de Montpensier relève du récit à charge : nous en signalons l'existence sans en faire un fait avéré.

Les récits de scènes extrêmes tiennent autant de la rumeur et de la propagande que du fait établi.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

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