Paris affamé : on mange le cheval, l'âne, le chien
Depuis que la ville est fermée, le pain manque, le lait se paie à prix d'or et les bêtes de trait passent à la broche. Chronique de la faim au plus fort du blocus.
Mars-septembre 1590 · Paris affamé · Perspective Dans Paris affamé, 12 août 1590
Depuis que la ville est fermée, le pain manque, le lait se paie à prix d'or et les bêtes de trait passent à la broche. Chronique de la faim au plus fort du blocus.
Aucun registre ne compte les morts d'une ville de plus de deux cent mille âmes livrée à la disette. Les chiffres qui circulent viennent de chroniqueurs parisiens, souvent partisans, et enflent au gré de la peur et de la propagande. Nous les donnons pour ce qu'ils sont : des témoignages, jamais des comptes vérifiés — et nous ne les additionnons pas.
L'ordre de grandeur admis pour Paris à la veille du blocus ; base pour lire les estimations, non un décompte des victimes.
Chiffre rapporté par un chroniqueur au plus fort de l'été ; invérifiable, cité comme témoignage.
Autre estimation de chroniqueur ; d'autres avancent des totaux bien plus élevés. Aucune ne se recoupe.
Fourchette avancée par certaines plumes pour l'ensemble du siège ; à manier avec la plus grande prudence.
Le blé atteint des prix inouïs ; on mange le cheval, l'âne, le chien, le chat, les herbes et le cuir bouilli.
La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.
Curé d'une paroisse de la ville assiégée, je vois mourir mes pauvres. Je demeure fidèle à ma foi et je n'appelle pas un prince que Rome a frappé de ses censures ; mais je demande à ceux qui nous commandent jusqu'où l'on peut, sans offenser Dieu, laisser périr de faim les plus humbles de son peuple.